AA/Yaoundé/Anne Mireille Nzouankeu
40 présumés complices du groupe Boko Haram ont été arrêtés par l’armée camerounaise à Maroua, la capitale administrative de la région de l’Extrême-Nord qui partage sa frontière avec le Nigéria, a appris l’agence Anadolu, mardi, d’une source sécuritaire.
L’arrestation a eu lieu lundi peu avant midi au marché des objets d’art de la ville de Maroua.
« Les soldats camerounais sont arrivés en grand nombre, tous cagoulés. Ils nous ont demandé de présenter nos cartes nationales d’identité.» a expliqué à Anadolu Issa Djouldé, vendeur de souvenirs dans ce marché «Après avoir vérifié l’identité de certaines personnes, les soldats leur demandaient de partir. Par contre, d’autres personnes ont été maintenues sur place et ont ensuite été emmenées à la légion de gendarmerie». Ce témoin de la scène a ensuite ajouté que les personnes interpellées sont aussi bien des Nigérians que des Camerounais.
« Ces personnes sont soupçonnées d’être des complices et informateurs de Boko Haram. Toutefois, nous sommes encore à la phase d’enquête », a révélé, pour sa part, une source militaire à Anadolu.
La source explique que généralement, quand des touristes étrangers arrivent dans la ville, ils vont au marché des objets d’art pour acheter des souvenirs. Durant leur balade dans ce marché, ils échangent avec des vendeurs qui peuvent ainsi facilement avoir des informations, notamment, sur leur nationalité, ce qu’ils sont venus faire dans la région et dans quels sites ils comptent se rendre.
« Nous pensons que certaines personnes arrêtées transmettaient ces informations aux membres de Boko Haram qui pouvaient ensuite planifier une action, un enlèvement par exemple », a conclu la source sécuritaire.
La région de l’Extrême-Nord est depuis plus d’un an, le théâtre d’attaques et d’enlèvements perpétrés par le groupe armé Boko Haram. Le dernier enlèvement attribué à ce groupe est celui de 10 chinois qui travaillaient sur un chantier routier dans la ville de Waza. Auparavant, ce sont des religieux de diverses nationalités ainsi qu’une famille de sept français qui avaient été enlevés.