AA/Bujumbura/Jean Bosco Nzosaba
Deux personnes soupçonnées d'appartenir à "une bande de bandits armés" ont été tuées par balles, dans la nuit de mardi à mercredi, par la population locale de la province de Rumonge (70 km au sud de Bujumbura) lors d’une opération de désarmement de civils, a indiqué une source administrative à Anadolu.
"Martin et Budoro Jean-Marie habitaient la zone Busenge de la commune de Muhuta (Rumonge). Ils ont été lynchés par la population de cette localité en présence d’une quarantaine de militaires et policiers qui étaient sur les lieux à la recherche d’éventuelles armes illégalement détenues par des civils", a confié à Anadolu Cyrille Maberekero, élu collinaire.
Au cours de cette opération, les forces de l’ordre ont saisi un fusil de type kalachnikov, trois chargeurs garnis avec 90 cartouches, 505 cartouches emballées dans un sac, 2 tenues policières, 2 imperméables militaires et une grenade.
"Les victimes étaient en possession de tous ces équipements », ajoute encore Cyrille Maberekero. "Tous les deux ont été tués, devant les
policiers et les militaires, par la population qui les accusaient d’appartenir à une bande de bandits armés", poursuit la source.
Pour Jean-Claude Havyarimana, administrateur de la commune Muhuta, joint par Anadolu, "les militaires et les policiers qui participaient à cette opération sur demande de la population, ont été dépassés par les événements et ont dû céder face à la colère et au surnombre de cette population appuyée par celles des collines des communes voisines qui réclamaient de se faire justice."
"Cette justice populaire sous l’œil des forces de l’ordre est très dangereuse pour le pays, nous ne sommes plus dans un Etat de droit. Les coupables de ce meurtre doivent être identifiés et punis, conformément à la loi. Si tel n’est pas le cas, il y aura d’autres victimes d’une impunité aveugle et l’administration locale et la police en seront les premiers responsables", a déclaré à Anadolu Jean Buregeya de la ligue des Droits de l’Homme, ITEKA (dignité).
Depuis près de quatre mois, le Burundi est en proie à une violente crise politique consécutive à l’officialisation de la candidature du président Nkurunziza au 3ème mandat présidentiel jugé "inconstitutionnel", puis à son éléction "sans surprise" le 24 juillet dernier.
Ces violences ont déjà fait plus d’une centaine de victimes, selon un bilan établi fin juillet par la principale association des droits de l’Homme, APRODH.