AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le président français François Hollande est intervenu à nouveau, jeudi matin, sur les prix des produits agricoles face à la colère des éleveurs qui persiste malgré l'annonce d'un plan gouvernemental d'urgence pour sauver leur activité.
"Nous devons agir sur les prix aussi bien du lait, que de la viande...Les mesures d'urgence sont indispensables", a déclaré Hollande depuis la Préfecture de Dijon, où il a rencontré les professionnels du monde agricole. Cette rencontre du président avec lesdits professionnels constitue sa deuxième intervention depuis l'éclatement de la crise des éleveurs la semaine dernière qui protestent contre la faiblesse des produits agricoles. Il avait notamment appelé les grandes enseignes le week-end dernier à augmenter les prix de la viande.
"Il y a des prix qui ne permettent pas la rémunération du travail", a encore insisté Hollande appelant les distributeurs et les abatteurs à "rendre des comptes".
Hollande a, par ailleurs, regretté que les cantines en France recourent en grande majorité à des produits d'origine étrangère, tout en annonçant des actions qui seront "immédiatement engagées" dans les établissements scolaires. Deux tiers des approvisionnements dans les cantines ne viennent pas de France, a-t-il tenu à rappeler.
Hollande a aussi appelé à de nouvelles actions dans le domaine d'exportation des produits agricoles français, en particulier vers leurs principaux acheteurs, dont la Turquie, la Grèce et les pays du Maghreb.
L'intervention de Hollande et le plan gouvernemental pour l'élevage ne semblent pourtant pas calmer le jeu dès lors que la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA) prévoit "de nouveaux mouvements dans les deux ou trois jours qui viennent". Le président de la FNSEA, Xavier Beulin, a estimé jeudi matin que le plan d'urgence " n'est pas un plan qui va permettre de relancer l'élevage", lors de son intervention sur Europe1. Il avait pourtant dit mercredi "apprécier" ce plan, ajoutant que "tout cela va dans le bon sens".
Les blocages se sont aussi intensifiés jeudi matin alors que les éleveurs avaient levé une partie des barrages dans le nord, notamment sur le périphérique de Caen, l'épicentre des manifestations. L'accès au Mont-Saint-Michel reste "compliqué", a annoncé le compte Twitter du deuxième site touristique le plus visité de France. D'autres blocages sont en cours, en particulier aux alentours de Lyon mais aussi en Bretagne.
Le gouvernement débloquera ainsi 600 millions d'euros, essentiellement pour désendetter les éleveurs et pour promouvoir la viande française, selon le plan présenté mercredi midi par le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll. Le gouvernement s'engage ainsi à annuler les charges des agriculteurs de l'ordre de 100 millions d'euros et à reporter 500 millions d'euros d'échéances de paiement.