AA/Niamey/Boureima Balima
Assises à même le sol sur des nattes en plastique pour les jeunes et les moins jeunes, attablés pour les plus âgées sous la houlette d’une enseignante, elles récitent en chœur et avec ferveur, les versets du Saint Coran.
Elles ont entre 4 et 25 ans, et fréquentent des classes adaptées à leur âge et niveau dans des centres nigériens conçus pour former, durant les vacances scolaires, des élèves qui ont envie d'en savoir davantage sur l'Islam.
« Nous avons des classes pour les enfants de 4 à 8 ans, des classes pour les enfants de 8 à 14 ans et d'autres pour les 14 ans et plus. Nous accueillons une trentaine d'élèves dans les petites classes contre une vingtaine pour les tranches d'âges les plus élevées», explique à Anadolu Aicha Abdallah, responsable de la section féminine du centre de formation d’Albadr training center, un centre de formation 100 % nigérien, consacré à l'apprentissage de l'Islam et de ses règles.
Pendant les vacances, Albadr- crée en avril 2013 par le promoteur Maman Sani Habibou, pour pallier au manque de formation des jeunes - organise des cours à l’intention des élèves afin « de mieux comprendre leur religion » poursuit Mme Abdallah.
Selon elle, l’organisation des cours est une alternative pour les parents qui envoient leurs enfants dans les pays côtiers en colonies de vacances en dépensant des sommes mirobolantes. Un moyen de faire d'une pierre deux coups.
Pour Assoumane Mahamadou de Al-Oummah training center, un autre centre de formation du même type, qui accueille près de 1200 élèves, avec une vingtaine d'élèves également dans chaque classe, la création est partie d'un constat sur le« retard criant des jeunes au niveau de la religion ».
« Nous avons remarqué que ce n’est qu’à la vingtaine que la personne se rend compte qu'elle ignore plusieurs règles de la religion que ce soit au sujet de la prière ou autres et nous nous sommes donc dits pourquoi ne pas initier les enfants dès le bas-âge» explique M.Assoumane.
Cette forme de dispense de cours islamiques en classe durant les vacances, est venue remplacer celles déjà existantes où les enfants en bas-âges se rendent chez les enseignants du quartier, généralement les imams des mosquées, pour apprendre la lecture du Coran.
« Au-delà de l’apprentissage de la lecture du Saint Coran, nous donnons à l’enfant des viatiques, notamment, les invocations et les hadiths à même de permettre à l’enfant de mieux comprendre sa religion », ajoute le responsable d’Al-Oumah training center.
Les cours se déroulent sur six jours par semaine. Trois pour les garçons et trois autres pour les filles et les femmes. La formation durent de 8 heure à midi, les lundis, mardis, et mercredis pour les garçons et les jeudis, vendredis et samedis pour les filles.
Moyennant la somme de 10.000 FCFA (environ 15 dollars) par mois, les jeunes enfants peuvent, en plus de la lecture du Saint Coran, être initiés aux cultes islamiques (ablutions, prières, règles de la politesse et autres invocations concernant la bienséance islamique), expliquent les responsables de centres.
Une initiative qui connait beaucoup d’engouement auprès des parents qui ont massivement inscrit les enfants. «Nous avons environ 2000 inscrits cette année», précise Mme Abdallah.
Devant la porte d’Al-Badr, les parents attendent impatiemment leurs enfants à la fin des cours comme durant une année scolaire normale.
« Au début, je n’y croyais pas, mais avec le temps j’ai vu un changement dans le comportement de ma fille» explique à Anadolu Rabiatou Boubacar, une jeune femme d’une trentaine d’années. « Elle me rappelle la prière chaque fois qu'elle entend l’appel de l'imam", ajoute-t-elle fièrement.
Pour les élèves, la joie est aussi au rendez-vous. "J'ai appris l'existence de ces cours de vacances islamiques par l'intermédiaire d'une amie. Depuis je me suis informée et je me suis inscrite et vraiment je trouve ces cours très intéressants et édifiants " explique Halimatou sadia Mahamadou, une jeune étudiante, qui a déjà hâte d'être au lendemain.