AA/Dakar/Alioune Ndiaye
La croissance de l’Afrique subsaharienne ralentira autour de 4,0% en 2015 au lieu des 4.5 % enregistrés en 2014, selon les dernières prévisions de la Banque mondiale publiées lundi soir.
« C’est la première fois que l’Afrique poste un taux de croissance annuel en dessous de 4,4% depuis deux décennies», renseigne l’institution financière dans un rapport dont Anadolu a eu connaissance.
« Ce recul s’explique largement par la baisse des cours du pétrole et des autres matières premières », informe la dernière édition de la BM sur les perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne.
En effet, « le pétrole est la matière première la plus commercialisée de la région » explique le rapport pour qui « la récente baisse des cours » de ce produit « a dégradé les termes de l’échange de la plupart des pays de la région ».
Si la fin du « super cycle des matières premières» pèse sur la croissance africaine, elle donne aussi à l’Afrique « l’occasion d’accélérer ses réformes structurelles en faveur d’une croissance susceptible de réduire la pauvreté de manière plus efficace » assure Makhtar Diop, le vice-président de la BM pour l’Afrique, cité par le rapport.
Du fait de la grande diversité économique du continent, l’impact de la baisse des cours des matières premières sera toutefois variable selon les pays, même parmi les pays producteurs de pétrole. Au Nigéria, par exemple, si l’économie sera affectée cette année, la croissance devrait repartir en 2016 et au-delà prévoit la BM qui assure que « le secteur des services », en particulier, « devrait en effet tirer la croissance. »
Selon les projections, en 2015 la croissance va se situer « autour de 4,7% si l’on exclut l’Afrique du Sud », mentionnent les prévisions de l’institution financière. Des chiffres bien loin « du pic de croissance de 6,4% enregistré au cours des années 2002 à 2008», conclut le texte.