Ayvaz Çolakoğlu
14 Août 2026•Mise à jour: 14 Août 2026
Le maire de Saint-Denis et président de Plaine Commune, Bally Bagayoko (LFI), a appelé jeudi à interroger la pratique des « multi-verbalisations », estimant qu’elle peut constituer une forme d’« acharnement administratif » et toucher de manière disproportionnée des personnes vulnérables.
Dans un long message publié sur le réseau social américain X, l’élu indique être « régulièrement interpellé » par des habitants, « souvent des jeunes, des étudiants, des personnes célibataires ou en situation de précarité », confrontés à une accumulation de procès-verbaux.
Ces amendes répétées deviennent, selon lui, « un obstacle supplémentaire dans un parcours de vie déjà fragilisé » et nourrissent « un profond sentiment d’injustice ».
Il a demandé à la Direction de la tranquillité publique de sa commune une analyse précise du phénomène afin d’en mesurer l’ampleur et les causes.
« Mon objectif est clair : zéro multi-verbalisation injustifiée ou disproportionnée sur notre territoire », a-t-il écrit.
La tranquillité publique, a-t-il ajouté, « ne se construit pas par l’empilement des amendes » mais repose sur « la prévention, le dialogue, la médiation » et des sanctions « justes, proportionnées et comprises ».
Bally Bagayoko s’est appuyé sur des alertes antérieures du Défenseur des droits concernant les risques de verbalisations répétées ciblant des publics vulnérables.
Il a par ailleurs salué l’initiative parlementaire du député LFI Abdelkader Lahmar (également maire de Vaulx-en-Velin), auteur d’une proposition de résolution déposée le 30 juin 2025 visant à créer une commission d’enquête nationale sur « l’utilisation de la multi-verbalisation comme outil d’éviction de l’espace public et ses conséquences ».
Cette proposition est soutenue par des parlementaires du groupe La France insoumise – Nouveau Front populaire.
Abdelkader Lahmar dénonce depuis plusieurs mois cette pratique, qu’il présente comme ciblant principalement « des jeunes hommes perçus comme noirs et arabes » pouvant atteindre plusieurs milliers d’euros.
Il a notamment lancé un appel à témoignages et évoqué des irrégularités dans la délivrance de certains PV.
À ce stade, le post de Bally Bagayoko n’a pas suscité de réactions publiques massives d’élus d’autres bords politiques dans les heures suivant sa publication.