Serap Dogansoy
13 Juillet 2026•Mise à jour: 13 Juillet 2026
Les deux principaux suspects mis en examen dans le vol des bijoux de la Couronne au musée du Louvre en octobre 2025 ont affirmé, lors de nouveaux interrogatoires en juin, avoir été recrutés seulement deux à trois jours avant les faits par un commanditaire dont ils refusent toujours de révéler l'identité, selon des procès-verbaux d'audition consultés par Le Monde.
Abdoulaye N. et Ghelamallah A., poursuivis pour le vol de huit bijoux estimés à 88 millions d'euros, déclarent qu'une rémunération comprise entre 15.000 et 25.000 euros leur avait été promise pour participer à l'opération.
Selon leurs déclarations, ils avaient reçu, avant le vol, une vidéo de repérage de la galerie d'Apollon et pour instruction de briser les vitrines afin de s'emparer d'un maximum de bijoux.
Des versions divergentes sur la cible
Abdoulaye N. a reconnu pour la première fois qu'il savait que la cible était le Louvre.
Ghelamallah A. affirme, en revanche, qu'il pensait participer au braquage d'« une joaillerie à Paris » et non du principal musée français.
Le 19 octobre 2025, les deux hommes seraient entrés dans la galerie d'Apollon à bord d'un camion équipé d'une nacelle, afin de simuler une intervention de maintenance. Selon leurs déclarations, ils ont découpé les vitrines à l'aide d'outils électriques avant de quitter les lieux en moins de dix minutes avec huit bijoux historiques, parmi lesquels des couronnes, colliers, broches et boucles d'oreilles ayant appartenu à des souveraines françaises.
Au cours de leur fuite, la couronne de l'impératrice Eugénie est tombée sur la chaussée avant d'être retrouvée à proximité du musée.
Le butin reste introuvable
Les deux suspects affirment avoir remis les bijoux à leur commanditaire dans un parking souterrain à Aubervilliers, où les enquêteurs avaient perdu la trace du butin. Selon Abdoulaye N., ce dernier se serait montré insatisfait, estimant que davantage de bijoux auraient pu être dérobés.
Les deux hommes disent refuser de révéler son identité par crainte de représailles. Ghelamallah A. affirme avoir reçu des consignes de silence alors qu'il était détenu, tandis qu'Abdoulaye N. évoque des contacts venus de l'extérieur de la prison.
Ils soutiennent désormais que ce commanditaire aurait lui-même participé à l'opération, tout en excluant qu'il s'agisse des deux autres personnes mises en examen dans ce dossier.
L'enquête se poursuit
Les enquêteurs n'ont, à ce stade, identifié aucun commanditaire ni retrouvé le butin. Selon un ancien responsable de la Brigade de répression du banditisme cité par RTL, les investigations menées jusqu'à présent n'ont pas permis d'établir l'existence d'un tel commanditaire.
Deux hypothèses demeurent privilégiées : les bijoux pourraient être dissimulés en région parisienne ou avoir été transférés à l'étranger, avec le risque que les pierres précieuses aient été séparées de leurs montures pour être revendues.