Ayhan Şimşek
03 Juillet 2018•Mise à jour: 03 Juillet 2018
AA/ Berlin
Le parti de l’Union des chrétiens démocrates (CDU) dirigé par la chancelière allemande Angela Merkel et son partenaire de coalition, de l’Union chrétienne-sociale (CSU), ont trouvé un compromis sur la politique migratoire après des semaines de tensions ayant menacé l'avenir du gouvernement.
Merkel a déclaré aux journalistes à Berlin, après des négociations finales entre la CDU et la CSU, lundi, qu’ils ont convenu d’établir des "centres de transit" à la frontière allemande pour les demandeurs d'asile arrivés dans le pays après être entrés dans l'Union européenne (UE) par le biais d'un autre Etat membre.
"Nous les renverrons dans les pays d'où ils sont venus et où ils ont été déjà enregistrés, en accord avec ces Etats", a déclaré Merkel.
Tout en prenant plusieurs mesures au niveau national, la chancelière a souligné que son gouvernement poursuivrait également ses efforts pour renforcer la coopération entre les Etats membres de l'UE pour faire face à la crise des réfugiés.
Le chef de la CSU et ministre de l'Intérieur Horst Seehofer, qui prônait un programme anti-immigrés, réclame depuis longtemps des mesures plus strictes et a menacé dimanche de démissionner du gouvernement.
Jusqu'à présent, Merkel s'était opposée au «plan directeur de migration» de Seehofer et a soutenu que les initiatives unilatérales auraient «un effet domino», incitant d'autres États membres à repousser les réfugiés et à accroître le fardeau des États membres comme l'Italie et la Grèce.
La chancelière allemande a conclu, la semaine dernière, lors du sommet à Bruxelles, un accord avec les Etats membres, qui prévoyait d’établir des "camps de migrants" à l'intérieur et à l'extérieur de l'UE, où les demandeurs d'asile seraient contraints de rester, lors de l’examen de leurs dossiers par les autorités.
La décision prise par Merkel en 2015 d’accueillir des réfugiés fuyant les conflits et la persécution a été largement critiquée par les médias conservateurs. L’initiative a été exploitée par les mouvements d'extrême droite et les partis populistes.
La CDU et la CSU ont subi de lourdes pertes lors des élections fédérales allemandes l'année dernière, tandis que le mouvement d’extrême-droite « Alternative pour l'Allemagne (AfD) a enregistré une hausse record, et a fait pour la première fois sont entrée au parlement.