Ahmed Asmar
06 Février 2025•Mise à jour: 08 Février 2025
AA / Jérusalem / Zein Khalil et Ahmed Asmar
Un ancien chef du renseignement militaire israélien a mis en doute, jeudi, les chances de succès du plan du président américain Donald Trump visant à prendre le contrôle de la Bande de Gaza et à réinstaller les Palestiniens ailleurs.
« Un plan très avantageux a été présenté aux Israéliens ici et j'espère qu'il se réalisera », a déclaré à la radio locale 103 FM Amos Yadlin, qui a dirigé les services de renseignement militaire israéliens de 2006 à 2010.
« Toutefois, je pense que les chances que cela se produise sont très faibles et que cela comporte des risques », a-t-il ajouté.
Lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, tenue mardi, le président américain a déclaré que les États-Unis allaient « prendre le contrôle » de Gaza et réinstaller les Palestiniens ailleurs dans le cadre d'un plan de réaménagement extraordinaire qui, selon lui, pourrait transformer l'enclave en « Riviera du Proche-Orient ».
Sa proposition a été largement condamnée par les Palestiniens, les pays arabes et de nombreuses autres nations à travers le monde, dont le Canada, la France, l'Allemagne et le Royaume-Uni.
Selon Yadlin, Donald Trump a souligné à plusieurs reprises l'importance de libérer les prisonniers israéliens détenus par des factions palestiniennes dans la Bande de Gaza.
« Je pense qu'il (Trump) a donné à Netanyahu un outil pour passer à la deuxième phase (de l'accord d'échange de prisonniers) », a-t-il déclaré, ajoutant : « Trump a essentiellement œuvré à la stabilisation du gouvernement israélien, qui était menacé d'effondrement par (le ministre des Finances Bezalel) Smotrich ».
Smotrich a menacé de renverser le gouvernement israélien s'il ne reprenait pas la guerre contre la Bande de Gaza.
Yadlin a estimé que Trump avait vendu à Smotrich des « illusions » sur le déplacement de la population de Gaza dans le but de passer à la deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza.
L'ancien chef des services de renseignement militaires israéliens a toutefois soutenu l'idée d'expulser les Palestiniens de Gaza vers un endroit « éloigné du Moyen-Orient », mais a déclaré que les chances de succès du plan de Trump étaient très limitées.
Donald Trump a suggéré à plusieurs reprises que les Palestiniens de Gaza soient accueillis par des pays arabes de la région, tels que l'Égypte et la Jordanie, une idée rejetée à la fois par les États arabes et par les dirigeants palestiniens.
Sa proposition de déplacer les Palestiniens de Gaza est intervenue après l'entrée en vigueur d'un accord de cessez-le-feu dans l'enclave le 19 janvier, suspendant la guerre génocidaire d'Israël, qui a fait quelque 47 500 morts, plus de 111 000 blessés et laissé l'enclave à l'état de ruines.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj