Ekip
04 Mai 2021•Mise à jour: 04 Mai 2021
AA / Berlin / Oliver Towfigh Nia
Un Allemand de 53 ans a été arrêté à Berlin pour son rôle présumé dans l'envoi de plus de 100 menaces de mort émanant de l'extrême droite, dont celles signées du pseudonyme néonazi "NSU 2.0", ont indiqué les autorités mardi.
Le parquet de Francfort avait annoncé, dans la soirée de lundi, que le suspect - dont l'identité n'a pas été révélée et qui avait déjà été condamné pour d'autres délits, notamment des délits liés à des activités d'extrême droite - avait été arrêté dans son appartement à Berlin.
L'homme au chômage est accusé d'avoir envoyé une série de lettres de menaces au contenu incitateur, insultant et menaçant depuis août 2018.
Les menaces étaient adressées à des parlementaires régionaux et fédéraux, à des militants des droits de l'homme, à des artistes et à l'avocat Seda Basay-Yildiz, établi à Francfort, qui avait représenté des coplaignants dans le procès pour meurtre du groupe terroriste néonazi National Socialist Underground (NSU).
Les lettres de menace étaient signées "NSU 2.0", un pseudonyme néonazi.
Selon les autorités, 115 lettres de menaces portaient la signature "NSU 2.0".
Elles avaient été adressées à des dizaines de personnes et d'institutions dans neuf États allemands ainsi qu'en Autriche voisine.
Le groupe terroriste NSU a tué dix personnes, dont huit immigrants turcs et un immigrant grec, ainsi qu'une policière, entre 2000 et 2007, mais ces meurtres n'ont toujours pas été élucidés.
Le public allemand a appris pour la première fois l'existence du NSU et son rôle dans ces meurtres en 2011, lorsque deux de ses membres - Uwe Mundlos et Uwe Bohnhardt - sont décédés après l'échec d'un braquage de banque et que la police a trouvé des armes et de la documentation d'extrême droite dans leur appartement.
Jusqu'en 2011, la police et les services de renseignement avaient exclu toute motivation raciale pour ces meurtres et avaient plutôt traité des familles de migrants comme des suspects.
Alors que des révélations récentes ont montré que l'agence allemande de renseignement intérieur disposait de dizaines d'informateurs qui avaient des contacts avec les suspects du NSU, les responsables affirment qu'ils n'avaient aucune information préalable sur la cellule terroriste du NSU et son rôle présumé dans les meurtres.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj