Serap Dogansoy
27 Août 2026•Mise à jour: 27 Août 2026
Six États membres contributeurs nets au budget de l’Union européenne ont appelé jeudi à réduire de plusieurs centaines de milliards d’euros le cadre financier proposé par la Commission européenne pour la période 2028-2034.
L’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas, l’Autriche, la Finlande et la Suède ont adopté cette position commune lors d’une réunion de leurs dirigeants à Berlin.
Ces pays, qui versent davantage au budget européen qu’ils n’en reçoivent, demandent que la proposition de la Commission, proche de 2.000 milliards d’euros en prix courants, soit réduite « de manière équilibrée », avec une contribution de tous les domaines de dépenses aux économies réclamées.
La proposition de Bruxelles prévoit précisément près de 1.985 milliards d’euros pour les sept années couvertes par le prochain cadre financier pluriannuel, soit environ 1.763 milliards d’euros aux prix constants de 2025.
Le cadre financier pluriannuel, couramment appelé budget à long terme de l’UE, fixe les plafonds de dépenses de l’Union et leur répartition entre les différentes priorités pour une période de sept ans.
Les six États souhaitent que les financements européens soient davantage concentrés sur des priorités communes, notamment la défense, la compétitivité, la migration et la souveraineté européenne.
Ils s’opposent en revanche à tout nouvel emprunt commun de l’Union européenne, estimant que celui-ci ne constitue « pas la solution à nos défis budgétaires ».
Les six pays demandent également que le versement des fonds européens reste soumis à des conditions strictes liées au respect de l’État de droit. Ils souhaitent par ailleurs que les institutions européennes assument leurs missions avec leurs effectifs actuels.
Cette position commune élargit une demande formulée en juin par l’Allemagne, qui avait réclamé une réduction d’environ 400 milliards d’euros du budget proposé, jugeant son montant financièrement insoutenable.
La déclaration intervient alors que le président du Conseil européen, Antonio Costa, effectue une tournée des capitales européennes afin de consulter les gouvernements et de faciliter la conclusion d’un accord.
Antonio Costa a fait de l’adoption du prochain cadre financier avant la fin de 2026 une priorité. Un accord nécessitera toutefois l’unanimité des 27 États membres ainsi que l’approbation du Parlement européen.