Lassaad Ben Ahmed
15 Octobre 2017•Mise à jour: 15 Octobre 2017
AA/Yaoundé/ Peter Kum
L’Ong Amnesty International s'est dite très préoccupée par des cas d’abus des droits de l’homme dans les régions anglophones du Cameroun dont le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, a constaté le correspondant d'Anadolu, d'après un rapport publié en fin de semaine.
L’Ong relève, également, que des manifestants arrêtés dans les deux régions sont contraints de verser 50 euros de pot-de-vin, pour être libérés.
L’organisation relève qu’«au moins 500 personnes sont toujours enfermées dans des centres de détention surpeuplés, à la suite des arrestations arbitraires massives». Elle informe que certains blessés des manifestations organisées par les sécessionnistes anglophones, «fuient les hôpitaux pour éviter d'être arrêtés».
«Dans au moins un hôpital, les forces de sécurité sont entrées dans le bâtiment pour interpeller des patients», relève Amnesty International.
«En raison du climat de peur qui règne dans les régions anglophones, d'autres personnes risquent de mourir des suites de leurs blessures parce qu'elles ont trop peur de recevoir les soins médicaux dont elles ont besoin», relève Ilaria Allegrozzi, chercheuse sur le lac Tchad à Amnesty International.
«L'arrestation massive de manifestants, pour la plupart pacifiques, constitue une violation des droits humains et, par ailleurs, risque fort de s'avérer contre-productive», a déclaré, pour sa part, Ilaria Allegrozzi. chercheuse sur le lac Tchad à Amnesty International.
Elle demande aux autorités camerounaises de libérer toute personne détenue «uniquement pour avoir exercé son droit de manifester pacifiquement.»
«Les forces de sécurité, notamment l'armée – dont le déploiement aux fins de maintien de l'ordre devrait rester une mesure prise à titre exceptionnel en situation d'urgence – ont recouru à une force excessive ou injustifiée lors des arrestations et ont détruit des propriétés et pillé des biens », indique l’Ong.
Amnesty International invite des organisations internationales à déployer des observateurs pour «veiller au respect des droits humains, afin d'évaluer la situation et du personnel soignant, afin de répartir les soins de premier secours.»
Ce rapport intervient à un moment où le Président camerounais est en séjour privé en Suisse. Le Président de la République qui veut dialoguer avec les leaders anglophones a dépêché une équipe d’élites anglophones dans ces deux régions. Cette équipe, dirigée par le Premier ministre Philémon Yang, originaire de la région anglophone du Nord-Ouest débute des consultations avec les leaders anglophones dès le lundi 16 octobre.