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20 Avril 2023•Mise à jour: 20 Avril 2023
AA / Montréal / Hatem Kattou
L'islamophobie et la violence à l'encontre des musulmans, particulièrement les femmes, sont répandues et profondément ancrées dans la société canadienne, indiquent les premières conclusions d’un rapport en cours d’élaboration par un Comité des droits de l’Homme du Sénat de ce pays nord-américain.
Selon la présidente du Comité qui a élaboré le rapport, Salma Ataullahjan, qui a été contactée par l’agence de presse canadienne publique, « le Canada a un problème ».
Elle a souligné que les femmes musulmanes qui portent le hijab — les femmes musulmanes noires en particulier — sont les plus vulnérables, et il est difficile de faire face à l'islamophobie dans diverses sphères publiques.
Elle a ajouté : « Nous entendons parler de traumatismes intergénérationnels parce que de jeunes enfants en sont témoins et les musulmans s'expriment parce qu'il y a tant d'attaques et qu'elles sont si violentes ».
La sénatrice a tenu à préciser que « le problème est plus grave que ne le suggèrent les statistiques actuelles », selon l’agence « La Presse canadienne ».
« De nombreux musulmans du Canada, a-t-elle relevé, vivent dans la crainte constante d'être pris pour cible, en particulier s'ils ont subi une attaque islamophobe, s'ils en ont été témoins ou s'ils ont perdu un être cher à cause de la violence ».
Ataullahjan, sénatrice d’origine pakistanaise, a ajouté que « certaines de ces femmes avaient peur de sortir de chez elles et il leur était difficile d'emmener leurs enfants à l'école. Beaucoup se sont fait cracher dessus, et les musulmans doivent constamment regarder par-dessus leur épaule ».
Il ressort de chiffres diffusés au mois de mars 2023 par Statistique Canada que les crimes haineux visant les musulmans signalés par la police avaient augmenté de 71 % entre 2020 et 2021.
Il convient de noter que la version finale du rapport sénatorial sera publiée au mois de juillet prochain et devrait comprendre une série de recommandations sur les mesures à prendre pour lutter contre l'islamophobie et sur la manière dont le gouvernement fédéral peut mieux soutenir les victimes d'attentats et d’agressions.