Wejden Jlassi
02 Février 2021•Mise à jour: 02 Février 2021
AA/New York
Le porte-parole du secrétaire général des Nations unies, Stéphane Dujarric, a annoncé, lundi, que le Conseil de Sécurité tiendra mardi une réunion d'urgence sur le coup d'État au Myanmar.
Dujarric a exprimé les préoccupations internationales sur le sort de 600 000 membres de la minorité musulmane Rohingya dans ce pays asiatique.
À l'aube de ce lundi, les chefs de l'armée birmane ont lancé un coup d'État militaire, au cours duquel les principaux dirigeants du pays ont été arrêtés.
Des rapports de presse font état de l'arrestation de plusieurs personnalités parmi lesquelles figurent le président du pays, Win Myint, le chef de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD) au pouvoir, la dirigeante Aung San Suu Kyi et d'autres hauts-fonctionnaires.
Le coup d'État est survenu en conjonction avec la première session prévue de la Chambre des représentants, plébiscitée lors des récentes élections législatives.
"Nous sommes préoccupés pour la sécurité des 600 000 Rohingyas (musulmans) qui restent dans la région d'Arakan -(Ouest), dont plus de 120 000 sont enfermés dans des camps spéciaux. Nous craignons que les développements actuels aggravent la situation de cette minorité. De plus, ces événements (le coup d'État) auront des répercussions négatives sur les efforts visant le retour des réfugiés rohingyas du Bangladesh chez eux dans la province d'Araka", a expliqué Dujarric, lors d'une conférence de presse.
Selon des statistiques onusiennes, plus de 900 mille réfugiés Rohingyas, à majorité des femmes et des enfants, ont fui vers le Bangladesh, après que les autorités du Myanmar ont lancé une sauvage oppression contre cette minorité musulmane, dans l'Etat d'Arakan (ouest), en août 2017.
Le gouvernement du Myanmar considère les Rohingyas comme des « immigrants irréguliers » qui sont venus du Bangladesh, tandis que l’ONU les classe comme étant la minorité la plus opprimée à travers le monde.
De son côté, l’ambassadrice britannique à l’ONU, Barbara Woodward, a déclaré vouloir une discussion aussi constructive que possible sur la Birmanie et examiner une série de mesures avec l’idée de respecter la volonté du peuple, exprimée lors du vote, et faire libérer les dirigeants de la société civile.
«Nous voudrons envisager des mesures qui nous mèneront vers ces objectifs. Notre but est d'œuvrer à une restauration de la démocratie et la libération des prisonniers dans un premier temps et la fin du coup d’État», a-t-elle ajouté sans expliquer les mesures envisageables.
Pour sa part, le Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres s'est dit profondément préoccupé par la main mise sur les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire par l'armée birmane.
Il a souligné que ces développements nuisent gravement aux réformes démocratiques réalisées en Birmanie, tout en condamnant vivement l'arrestation et la mise en garde à vue de la Présidente du Conseil d'État, Aung San Suu Kyi et du chef de l'État, Win Myint, par les forces militaires.
Guterres a appelé l'armée birmane à respecter les résultats des élections du 8 novembre 2020 ainsi que les normes démocratiques, indiquant qu'il faut surmonter les divergences d'opinion par les voies pacifiques, en évitant la violence, dans le cadre des droits de l'Homme et des libertés fondamentales.
Il est à noter que plusieurs pays ont exprimé leur préoccupation suite au coup d’État militaire au Myanmar et la prise du pouvoir par l’armée à l’aube de ce lundi, au moment où d'autres pays, à travers le monde, ont appelé à la retenue et au dialogue.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi