Nadia Chahed
08 Décembre 2018•Mise à jour: 08 Décembre 2018
AA/France/Fawzia Azzouz
Le Premier ministre français, Édouard Philippe, a annoncé samedi en fin de matinée que 481 personnes ont été interpellées samedi à Paris en marge de "l'acte 4" des manifestations des Gilets jaunes.
S'exprimant en conférence de presse en présence du ministre de l’intérieur Christophe Castaner et de son secrétaire d’Etat Laurent Nuñez, le chef du gouvernement a précisé que 211 personnes sur les 481 ont été placées en garde à vue.
Quelque 1500 manifestants étaient rassemblés samedi en milieu de matinée sur les Champs Elysées dans le cadre de l'acte 4 de la mobilisation des Gilets jaunes, avait annoncé la préfecture de police de la capitale.
Faisant état d’un "dispositif exceptionnel, par l’ampleur des moyens mobilisés", Philippe a "remercié tous ceux, responsables politiques, associatifs, syndicaux et simples citoyens qui ont appelé au calme pour faire en sorte que les français qui veulent exprimer des revendications ne soient pas mélangés avec ceux qui veulent casser et en découdre avec des forces de l’ordre".
"Je continuerai à me tenir informé tout au long de la journée et nous veillerons à ce que cette journée de samedi puisse se dérouler dans les meilleures conditions", a-t-il ajouté.
Édouard Philippe a enfin indiqué qu’il souhaite que "le dialogue qui a déjà commencé avec la délégation (gilets jaunes)" qu’il a "reçue hier à Matignon puisse se poursuivre dans les meilleures conditions" .
Alors que de nombreux incidents avaient émaillé la mobilisation parisienne samedi dernier, l'exécutif s'attend ce samedi à une journée encore plus violente, selon "franceinfo".
La présidence de la République avait exprimé mercredi ses craintes d'une mobilisation violente, avec "un noyau dur de plusieurs milliers de personnes" qui viendraient à Paris "pour casser et pour tuer".
Le ministère de l'Intérieur s'est dit , de son côté, être "préoccupé".
D'ailleurs d'importants moyens de sécurité ont été déployés samedi au niveau des différentes points de rassemblement, a rapporté "franceinfo".
Alors que 65 000 membres des forces de l'ordre, dont 5 000 à Paris, avaient été déployés samedi 1er décembre, Edouard Philippe a annoncé que plus de 89 000 membres des forces de l'ordre seraient mobilisés ce samedi en France, dont 8 000 dans la capitale, précise la même source, ajoutant qu'une "douzaine de véhicules blindés" de la gendarmerie doivent par ailleurs être utilisés à Paris.
Le président Emmanuel Macron devra s'exprimer en "début de semaine prochaine", avait annoncé vendredi le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand.
Le mouvement des "gilets jaunes", lancé depuis la mi-novembre sur les réseaux sociaux pour protester contre la hausse des prix des carburants, a rapidement évolué et les revendications se sont étendues au pouvoir d’achat et aux salaires.
Des politiciens ont même réclamé la démission du président Emmanuel Macron, d’autres ont revendiqué la tenue d’un référendum, et d’autres ont appelé à la dissolution du parlement.
De grandes marches ont été organisés à Paris les samedi 17 et 24 novembre et le 1er décembre. Ces marches ont été émaillées de vives violences, touchant des commerces, des monuments historiques, des véhicules et des immeubles.
Déjà 4 personnes ont perdu la vie en marge de ces protestations et des centaines d’autres ont été blessées.
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