Ümit Dönmez
28 Mai 2024•Mise à jour: 29 Mai 2024
AA / Paris / Ümit Dönmez
Le président du Comité de soutien Assange, Laurent Dauré, a participé mardi 21 mai 2024 à un rassemblement de soutien au fondateur de WikiLeaks à Paris.
Lors de cet événement place de la République, il a souligné l'importance de ce rassemblement qui coïncide avec d'autres manifestations à travers la France, notamment dans 13 villes. Cette journée de mobilisation fait suite à l'audience, la veille à Londres, à l'issue de laquelle la Haute Cour britannique a autorisé Assange à présenter un ultime appel pour éviter son extradition vers les États-Unis.
La Haute Cour a décidé que Julian Assange pourrait contester son extradition sur la question cruciale de savoir s'il bénéficierait de la protection du Premier amendement américain en matière de liberté d'expression et de la presse. "La partie étatsunienne a échoué manifestement à convaincre la Haute Cour britannique que Julian Assange bénéficierait de cette protection et l'appel portera sur ce point-là", a précisé Dauré à Anadolu.
Cependant, il a exprimé sa réserve quant à qualifier cette décision de victoire, soulignant que "Julian Assange reste en prison, la persécution continue". Il a rappelé que cela fait quatorze ans qu'Assange est privé de liberté, avec de nouvelles audiences prévues pour l'été.
Si Assange perd cet ultime appel, son dernier recours serait la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH). Cependant, Dauré a exprimé des doutes quant au respect par le Royaume-Uni de cette procédure, censée suspendre l'extradition. "Vraisemblablement, le Royaume-Uni respecterait la CEDH et ce recours. Mais on n'en a pas la totale certitude", a-t-il ajouté.
Laurent Dauré a insisté sur la nécessité d'informer et de mobiliser pour la libération immédiate de Julian Assange et son asile politique en France, dénonçant les procédures à rallonge à l'encontre du fondateur de WikiLeaks, comme une forme de "punition" de Washington.
Interrogé sur les raisons de l'incarcération d'Assange, Dauré a expliqué que les États-Unis demandent son extradition principalement en vertu de "l'Espionage Act" de 1917, une loi utilisée pour persécuter des pacifistes durant la Première Guerre mondiale. "Aujourd'hui, cette loi est utilisée pour poursuivre un journaliste étranger, une première dans l'histoire", a expliqué le porte-parole du comité de soutien à Assange en France.
Julian Assange est incarcéré depuis cinq ans dans la prison de haute sécurité de Belmarsh à Londres, sous écrou extraditionnel, en attendant la fin de la procédure. "Il n'est pas en train de purger une peine là-bas, il n'est pas non plus en détention provisoire", a précisé Dauré.
La mobilisation pour Assange continue donc, avec des actions de soutien et des appels à la libération immédiate et à l'asile politique en France pour Julian Assange. L'issue de ce cas exceptionnel demeure incertaine, soulignant l'importance de la mobilisation et de la sensibilisation du public à cette cause.
L'état de santé physique et psychologique de Julian Assange, qui l'a empêché d'assister à l'audience, reste préoccupant selon son avocat Christophe Marchand. C'est ce qu'il a fait savoir lors d'une conférence-débat à Paris le 16 mai. Bien que la décision de la Haute Cour éloigne temporairement la menace de l'extradition, Assange reste incarcéré et l'issue de l'affaire demeure incertaine.
Pour rappel, WikiLeaks, fondé en 2006, a révélé, dès 2010, des documents secrets des États-Unis, notamment des informations sur les guerres d'Irak et d'Afghanistan. Ces documents ont exposé des crimes de guerre commis par les États-Unis et certains de leurs alliés.
Parmi les fuites marquantes, une vidéo nommée "Collateral Murder" montrant un raid aérien meurtrier sur Bagdad, ainsi que des documents sur la guerre en Afghanistan divulgués. Ces divulgations ont provoqué une vive réaction dans le monde et déclenché la fureur du Pentagone. En conséquence, les autorités américaines poursuivent le fondateur de WikiLeaks et demandent son extradition depuis le Royaume-Uni.