Feiza Ben Mohamed
28 Mai 2024•Mise à jour: 28 Mai 2024
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
Le président de la mosquée Al Farouq de Pessac (Gironde), Abdourahman Ridouane, est assigné à résidence, a appris Anadolu auprès de son avocat maître Sefen Guez Guez.
Un recours a été déposé devant le Tribunal Administratif de Bordeaux pour faire suspendre la mesure, et sera examiné jeudi matin.
Selon maître Guez Guez, les autorités justifient cette décision par plusieurs éléments dont le passage de la flamme olympique à Bordeaux, et les Jeux Olympiques. Il est également reproché à Abdourahman Ridouane d'avoir publié en ligne, une caricature dénonçant une forme de deux poids deux mesures dans le traitement réservé aux palestiniens par rapport à celui réservé aux ukrainiens.
Cette nouvelle procédure intervient alors que le responsable religieux est visé depuis début mai, par une procédure d'expulsion, suite au refus de renouvellement de son titre de séjour.
Selon son avocat, le responsable religieux est notamment visé par les autorités en raison de « son attachement à la défense de la cause palestinienne et sa critique de la politique internationale de la France, y compris au Niger, son pays d'origine ».
Maître Guez Guez souligne par ailleurs que ce n’est pas la première fois que son client et la mosquée de Pessac s’opposent à l’administration puisqu’en 2022 déjà, le ministère de l’intérieur avait tenté de faire fermer le lieu de culte, avant que la mesure ne soit rejetée par le tribunal administratif de Bordeaux puis par le Conseil d’Etat.
« Cet acharnement n'est qu'une illustration de plus de la volonté des pouvoirs publics de faire taire toute voix contestataire dans une logique d'affichage à l'approche des élections européennes », a estimé à cet effet l’avocat niçois.
Et de conclure: « Fort des deux décisions rendues en sa faveur par la justice administrative, Mr Ridouane est plus que déterminé à faire valoir ses droits et à mandaté le cabinet pour assurer sa défense devant la commission et les juridictions administratives ».
Pour rappel, fin 2022, Mediapart révélait que le ministère de l’intérieur avait établi une liste de nombreux imams à expulser.
Dans le même temps, Gérald Darmanin reconnaissait à l’antenne de BFMTV qu’un peu « moins d’une centaine de personnes » pourrait être ciblées comme l’a été l’imam Hassan Iquioussen.
À titre d’exemple, l’ancien cadre de l’UOIF (Union des organisations islamiques de France), Ahmed Jaballah, rencontrait, depuis trois ans, de grandes difficultés pour obtenir le renouvellement de son titre de séjour, avant de quitter l’hexagone de son propre chef.
C’est dans la même logique qu’Abdourahman Ridouane, est depuis des années, concerné par des difficultés liées au renouvellement de son titre de séjour, alors qu’il lui a toujours été octroyé lors de précédentes échéances.