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09 Octobre 2024•Mise à jour: 09 Octobre 2024
AA / Tunis / Fatma Ben Amor
Le vice-président du Rassemblement national (RN), Sébastien Chenu, a annoncé ce mercredi que le RN "ne votera pas le budget", alors que le Premier ministre français, Michel Barnier, présentera demain jeudi, en conseil des ministres, le projet de loi de finances 2025 (PLF).
"Voter le budget n’est pas possible", a tranché Sébastien Chenu au micro de France 2. Et d'insister : "Évidemment, on ne votera pas le budget. On est dans l’opposition", se présentant comme le "seul groupe d’opposition". "Tous les autres, un jour ou l'autre, ont voté Emmanuel Macron, pas nous", a-t-il noté.
Le député du Nord reproche au gouvernement Barnier de "demander des efforts supplémentaires aux Français, à ceux qui travaillent, ou ceux qui ont travaillé (...), aux entreprises".
Chenu brandit la menace d'une motion de censure à l'issue de l'examen du budget 2025. "Pour l’instant, Michel Barnier ne nous envoie pas de bons signaux pour nous retenir de voter une motion de censure au terme", a lancé le vice-président du RN, alors que la veille, les députés du parti d'extrême droite se sont abstenus de voter la motion de censure défendue par la gauche.
En cas de fortes oppositions sur le budget dans un contexte d'absence de majorité, Michel Barnier pourrait dégainer l'article 49.3 qui permet l'adoption d'un texte sans vote mais ouvre ensuite la porte au dépôt d'une motion de censure.
Le PLF, qui sera présenté ce jeudi, contiendra un "effort budgétaire" de 60 milliards d'euros pour redresser des comptes publics à la dérive. Cette enveloppe se répartit entre 40 milliards de coupes dans les dépenses et 20 milliards provenant d'augmentations de recettes, donc de hausses d'impôts.
Michel Barnier s’était adressé le 1er octobre courant aux députés depuis l’Hémicycle, prononçant son discours de politique générale, axé sur plusieurs priorités, dont la sécurité, l’immigration, l’économie, ou encore la situation géopolitique internationale.
Dès le début de sa prise de parole très attendue, le chef du gouvernement avait fait savoir qu’il se fixait "deux exigences: la réduction de (la) double dette budgétaire et écologique" du pays.
Pour tenter de résorber la dette, il souhaite mettre en place "un partage de l’effort" qui "conduira à demander une participation au redressement collectif aux grandes entreprises qui réalisent des profits importants" ainsi qu’une "contribution exceptionnelle aux Français les plus fortunés afin d’éviter les stratégies de défiscalisation des plus gros contribuables".