Ekip
07 Mars 2024•Mise à jour: 07 Mars 2024
AA/Tunis/Nadia Chahed
Le Conseil de sécurité de l’ONU s’est inquiété mercredi de la situation « critique » en Haïti, où un chef de gang a menacé de déclencher une « guerre civile » si le Premier ministre Ariel Henry ne démissionnait pas, ont rapporté des médias français.
L’état d’urgence, décrété dimanche au sein de la capitale haïtienne Port-au-Prince, sera prolongé, d’un mois et un couvre-feu nocturne est également en place, précise "Le Parisien".
Les bandes criminelles, qui contrôlent la majeure partie de la capitale Port-au-Prince ainsi que les routes menant au reste du territoire, s’en prennent ces derniers jours à des sites stratégiques du pays dont plusieurs prisons d’où ont pu s’évader des milliers de détenus, rapporte le même média.
Un influent chef de gang, Jimmy Chérizier, a déclaré mardi que si Ariel Henry ne démissionnait pas et si la communauté internationale continuait de le soutenir, le pays allait « tout droit vers une guerre civile qui conduira à un génocide », selon la même source.
L’escalade de ces derniers jours a forcé 15 000 personnes à fuir leur domicile à Port-au-Prince, selon l’ONU qui a commencé à leur distribuer nourriture et produits de première nécessité, note encore le média français.
En raison des violences, de la crise politique et d’années de sécheresse, 5,5 millions d’Haïtiens, soit près de la moitié de la population, ont besoin d’assistance humanitaire. Mais l’appel aux dons de l’ONU - 674 millions de dollars pour 2024 - n’est financé qu’à 2,5 %, rappelle la même source.
Le Conseil de sécurité avait donné en octobre son accord pour l’envoi d’une mission multinationale menée par le Kenya qui veut dépêcher 1 000 policiers. Mais son déploiement est retardé par la justice kényane et un manque de financements. Nairobi et Port-au-Prince ont signé vendredi un accord bilatéral mais aucune date n’est avancée pour l’arrivée de la mission, précise Le Parisien.