Meher Hajbi
05 Novembre 2019•Mise à jour: 06 Novembre 2019
AA/Irak
Des manifestants de la province irakienne Diwaniya (sud) ont déchiré, tard dans la nuit de lundi à mardi, toutes les photos de l’ancien guide suprême de la révolution iranienne l'Ayatollah Khamenei, selon une source sécuritaire irakienne.
"Les photos de l’ancien guide suprême de la révolution iranienne l'Ayatollah Khamenei, accrochées sur de grands panneaux, dans la rue principale de la ville Diwaniya, centre de la province éponyme, ont été décrochées puis déchirées par les manifestants”, ajoute la source sécuritaire à l’agence Anadolu.
Ces actes interviennent au moment où les manifestants poursuivent les protestations près du bâtiment du consulat iranien dans la province de Kerbala (sud) et les tentatives d’intrusion, dimanche et lundi.
Au moins trois individus ont été tués et une dizaine de personnes ont été blessées lors des manifestations près du bâtiment du consulat iranien.
En effet, depuis le 25 octobre l’Irak traverse une vague de manifestations antigouvernementales, la deuxième du genre en l’espace de deux semaines.
Des actes de violence ont émaillé les manifestations. Le bilan fait état d’au moins 260 morts et de milliers de blessés, lors d’affrontements opposants les manifestants aux forces de l’ordre et aux groupes chiites armés proches de l’Iran.
Au départ, les manifestants réclamaient l’amélioration des services publics, la création d’opportunités de travail et la lutte contre la corruption. Après le recours à la violence excessive par l’armée et les forces sécuritaires, le seuil des revendications s’est élevé. Malgré les promesses de punir les auteurs des actes de violences, les manifestants tiennent à la chute du gouvernement.
Alors que le gouvernement d'Adel Abdel-Mehdi a adopté plusieurs programmes de réforme, dans plusieurs secteurs, depuis le début des manifestations, les manifestants demeurent insatisfaits et insistent pour le faire chuter.
Le pays connaît, désormais, un mécontentement contre la gestion des manifestations par le gouvernement. Certains observateurs estiment que cette nouvelle vague de protestations constitue une pression supplémentaire sur le gouvernement Abdel-Mehdi et pourrait conduire à sa chute.