Yakoota Al Ahmad
29 Août 2022•Mise à jour: 29 Août 2022
AA / Istanbul
Le Cadre de Coordination Irakien a appelé le mouvement Sadriste à reprendre le dialogue et à œuvrer afin de parvenir à des compromis permettant d'établir une feuille de route claire, respectant la loi et la Constitution, afin de servir les intérêts du peuple.
C'est ce qui ressort d'une déclaration publiée par le Cadre de Coordination (proche de l'Iran), lundi, et relayée par l'Agence de presse irakienne (INA).
Dans sa déclaration, le Cadre de Coordination a affirmé que "tous les Irakiens suivent avec une grande inquiétude l'évolution des événements liés aux manifestations des frères du mouvement Sadriste et à leurs sit-in au Parlement et dans un certain nombre de départements gouvernementaux."
Il a souligné que ces événements "en sont arrivés jusqu’à attaquer les divers sièges de l'État, notamment le Conseil supérieur de la magistrature et le Palais du gouvernement et perturber et attaquer les institutions de l'État dans les gouvernorats du centre et du sud."
Le Cadre de Coordination a affirmé son soutien à l'État et à ses institutions, "car il n'est en aucun cas possible de rester neutre lorsque les institutions de l'État sont attaquées et mises à mal."
Et d'ajouter : "Le gouvernement et les institutions sécuritaires doivent faire ce que leur dicte leur devoir en tant que responsables nationaux pour protéger les institutions de l'État et les intérêts publics et privés."
Le Cadre de Coordination a appelé tous les acteurs religieux, politiques et sociaux à intervenir et à prendre l'initiative afin de conjurer la sédition, de faire prévaloir le langage de la raison et du dialogue, et d'éviter au pays davantage de chaos et d'effusion de sang.
Il a également exigé que tous ceux qui alimentent la tension et poussent à l'escalade soient mis face à leurs responsabilités, appelant à "l'élaboration de solutions pratiques et réalistes qui s'appuient sur la Constitution, la loi et le dialogue, afin de parvenir à des résultats décisifs et rapides pour mettre fin aux souffrances de la population. "
Plus tôt dans la journée de lundi, Moqtada al-Sadr, leader du mouvement Sadriste, a annoncé qu'il se retirait définitivement de la vie politique, en raison de la crise politique qui perdure dans le pays depuis plus de 10 mois.
À la suite de cette annonce, des manifestants du mouvement Sadriste ont pris d'assaut le palais du gouvernement dans la zone verte au centre de Bagdad, avant que les forces de sécurité ne tirent des coups de feu de sommation pour les déloger des environs du palais du gouvernement et en prendre le contrôle total.
Le Commandement des opérations conjointes a ensuite publié un communiqué annonçant l'imposition d'un couvre-feu général dans tous les gouvernorats à partir de 19 heures aujourd'hui lundi (17 heures GMT) et ce, jusqu'à nouvel ordre.
Samedi, Al-Sadr a proposé que tous les partis politiques prennent du recul pour mettre fin à la crise, selon une déclaration citée par Saleh Mohammad Al-Iraqi, dit "le ministre d'Al-Sadr".
L'Irak traverse une crise politique qui s'est intensifiée depuis le 30 juillet dernier, lorsque les partisans du mouvement Sadriste ont entamé un sit-in, toujours en cours, à l'intérieur de la Zone verte, rejetant la nomination de Mohammad al-Sudani, de la coalition du "Cadre de coordination", au poste de Premier ministre, et demandant la dissolution de la Chambre des représentants et la tenue d'élections anticipées.
Les divergences entre les forces politiques, notamment chiites, empêchent la formation d'un nouveau gouvernement depuis les dernières élections du 10 octobre 2021.
*Traduit de l’Arabe par Mourad Belhaj