Adama Bamba
01 Mai 2026•Mise à jour: 01 Mai 2026
AA / Istanbul / Adama Bamba
Des bateaux d’une nouvelle flottille de militants propalestiniens, partis pour briser le blocus imposé à la bande de Gaza, ont été interceptés par la marine israélienne dans les eaux internationales, au large de l’île grecque de Crète, ont annoncé plusieurs sources concordantes.
Selon l’organisation de la flottille mondiale Sumud, « des navires militaires israéliens ont illégalement encerclé la flottille » et proféré des menaces de recours à la force. Elle affirme que ses embarcations ont été abordées par des vedettes militaires, dont les occupants ont pointé des armes et ordonné aux passagers de se regrouper à l’avant des bateaux.
15 ressortissants français figurent parmi les passagers
Lors d’une conférence de presse, une représentante de la flottille mondiale Sumud de France a indiqué que 211 personnes avaient été interceptées. Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé, par la voix de son porte-parole, que 15 ressortissants français figuraient parmi les passagers, assurant que leur sécurité constituait « la priorité absolue ».
De son côté, le ministère israélien des Affaires étrangères a évoqué l’interception d’« environ 175 militants provenant de plus de 20 bateaux ». Le chef de la diplomatie israélienne, Gidéon Saar, a précisé que les personnes arrêtées seraient conduites en Grèce, rapporte le média français Le Monde.
Athènes a confirmé être en contact avec Israël et a indiqué qu’un accord avait été trouvé pour débarquer les militants sur les côtes grecques, tout en assurant leur retour « en toute sécurité » vers leurs pays d’origine, précise la même source.
La flottille, composée de bateaux partis notamment de Marseille, Barcelone et Syracuse, visait à atteindre Gaza malgré le blocus en vigueur depuis 2007. Une vingtaine d’embarcations restaient encore en mer au moment de l’interception, selon les organisateurs.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé avoir ordonné d’empêcher la flottille, qualifiée de « soutien au Hamas », d’atteindre Gaza, évoquant une opération menée « pacifiquement » et sans victimes.
Les réactions internationales face à l'intervention israélienne
Plusieurs réactions internationales ont suivi. En France, le dirigeant du Parti communiste, Fabien Roussel, a appelé à la libération des participants, tandis que le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a dénoncé des « actes de piraterie », selon le même média.
L’Italie a également exigé la libération immédiate de ses ressortissants, tandis que le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a accusé Israël de violer le droit international.
À l’inverse, les États-Unis ont condamné l’initiative, la qualifiant d’« action pro-Hamas » susceptible de compromettre les efforts de paix dans la région.
Cette opération intervient après une précédente tentative de flottille en 2025, déjà interceptée par Israël, et dans un contexte de tensions persistantes autour du blocus de la bande de Gaza.