Wejden Jlassi
12 Novembre 2020•Mise à jour: 12 Novembre 2020
AA/Amman
Le Premier ministre jordanien Bisher Al-Khasawneh a annoncé, jeudi, la démission du ministre de l'Intérieur Tawfiq Al-Halimah, sur fond d'irrégularités constatées après la tenue des élections législatives.
C'est ce qui ressort d'une conférence de presse conjointe tenue en présence du premier ministre Bisher Al-Khasawneh, le directeur de la sureté publique, le général Hussein Al-Hawatmeh, et le commandant de l'armée, le général Yousef Al-Hunaiti.
"Le ministre de l'Intérieur a remis sa démission, il en va de sa responsabilité morale d'assurer le bon déroulement des élections. Elle a été approuvée et sa Majesté le roi en a pris connaissance", a déclaré le premier ministre.
Il est à signaler que la démission est survenue peu après un tweet du roi Abdallah II, dans lequel il critiquait des irrégularités constatées après la tenue des élections législatives dans de nombreuses provinces à l'issue du processus électoral.
Les élections de la Chambre des représentants (la chambre basse du parlement) ont eu lieu mardi dernier.
Les premiers résultats des élections ont provoqué des protestations, des émeutes, une violation du couvre-feu général, et des violations des mesures de sécurité publique. Des scènes de liesse où des armes automatiques ont été utilisées pour exprimer la joie de la victoire aux élections.
"Les manifestations déplorables dont nous avons été témoins après le processus électoral sont une violation flagrante de la loi. Elles portent atteinte à la sécurité et à l'intégrité de la société. Elles ne reflètent pas la véritable conscience de la grande majorité de nos citoyens dans toutes les provinces de notre cher pays," a tweeté le roi jordanien.
Et d'ajouter: "Nous sommes un Etat de droit. La loi s'applique à tout le monde, personne n'est au-dessus d'elle".
Al-Khasawneh a souligné, lors de la conférence, qu'il n'y a pas de complaisance dans l'application de la loi. L'armée a été déployée et la présence des unités de sécurité publique a été intensifiée", tout en insistant que les violations et les infractions constatées seront traitées avec fermeté par des lois dissuasives.
De son côté, le directeur de la sécurité publique, le général de Al Hawatmeh, a déclaré que toutes les transgressions ne resteront pas impunies et tous ceux qui ont commis des infractions seront poursuivis.
Pour sa part, le chef de l'armée a affirmé que ceux qui ont enfreint l'Etat de droit et terrorisent les citoyens ne seront pas tolérés.
Il est à noter que Al-Halimah, ancien commandant de la gendarmerie, a rejoint le gouvernement de Bishr Al-Khasawneh, comme ministre de l'Intérieur après avoir siégé au Sénat en septembre dernier.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi