Kanyshai Butun
13 Juillet 2026•Mise à jour: 13 Juillet 2026
L’Azerbaïdjan envisage un retrait complet du Conseil de l’Europe, a déclaré lundi le président Ilham Aliyev, accusant les institutions européennes de faire preuve de partialité à l’égard de son pays.
S’exprimant lors du quatrième Forum mondial des médias de Choucha, Aliyev a estimé que l’adhésion de l’Azerbaïdjan au Conseil de l’Europe avait eu peu d’impact. « Si l’Azerbaïdjan quitte complètement le Conseil de l’Europe, personne dans le pays ne s’en apercevra », a-t-il affirmé.
Le président azerbaïdjanais a indiqué que son pays avait sérieusement envisagé de quitter l’organisation après la suspension, en janvier 2024, des droits de vote de sa délégation à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), une décision qu’il considère comme une sanction liée au rétablissement de la souveraineté de son pays.
« Nous évaluons sérieusement un départ total de cette institution, non seulement en gelant notre participation à l’APCE, mais également en quittant le Conseil de l’Europe dans son ensemble », a-t-il déclaré, affirmant que son pays fait l’objet de discriminations depuis deux ans.
Aliyev a expliqué que ce projet avait été suspendu après que le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Alain Berset, a demandé à Bakou de laisser une chance au dialogue. « Mais malheureusement, depuis lors, rien n’a changé », a-t-il ajouté, accusant l’organisation de formuler des exigences « absolument inacceptables ».
Le dirigeant a précisé que l’Azerbaïdjan ne retournerait à l’APCE qu’après le rétablissement des droits de vote de sa délégation. « Ce n’est pas nous qui avons détérioré les relations, ce sont eux », a-t-il lancé.
Abordant les questions internationales, Aliyev a souligné que l’Azerbaïdjan souhaitait la stabilité au-delà de ses frontières, estimant que les conflits dans les régions voisines représentent une menace pour sa sécurité.
Évoquant la guerre en Ukraine ainsi que les tensions entre les États-Unis et l’Iran, il a indiqué que Bakou soutenait les efforts en faveur de la paix et saluait notamment la médiation du Pakistan.
Le président a également réaffirmé le soutien de l’Azerbaïdjan à l’intégrité territoriale et à la souveraineté de l’Ukraine, estimant que Kiev ne devait pas accepter l’occupation de son territoire. « Cette guerre doit cesser immédiatement », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, Aliyev a affirmé que les relations avec la Russie s’étaient « complètement normalisées » après les tensions récentes, se disant satisfait de leur évolution actuelle.
Revenant sur la deuxième guerre du Karabakh à l’automne 2020, il a expliqué que l’Azerbaïdjan avait mis fin à son opération militaire afin d’éviter un conflit prolongé. « Nous nous sommes arrêtés là où il le fallait. Nous avons choisi de ne pas prolonger indéfiniment la guerre. D’autres options existaient, mais le sens des responsabilités et la sagesse ont dicté cette décision », a-t-il déclaré.
Établissant un parallèle avec le Moyen-Orient, Aliyev a estimé que les pays de la région devraient privilégier la normalisation une fois les combats terminés. « Lorsque la phase des affrontements directs prendra fin, les pays du Golfe et l’Iran devront s’arrêter et chercher à normaliser leurs relations, sans transformer ce processus en conflit mondial », a-t-il conclu.
* Traduit de l'anglais par Adama Bamba