L’UE octroie 40 millions d’euros aux Rohingyas
Le commissaire européen chargé des aides humanitaires et de la gestion des crises, Christos Stylianides, a fait état de "centaines de milliers de personnes nécessiteuses à cause de la crise de l’Etat d’Arakan.1 23
31 Mai 2018•Mise à jour: 31 Mai 2018
AnkaraAA/ Bruxelles/ Yusuf Hatip
L’Union européenne (UE) prévoit d’octroyer 40 millions d’euros en faveur des musulmans Rohingyas qui souffrent de conditions particulièrement dures.
La Commission européenne a annoncé, jeudi, dans un communiqué dont Anadolu a eu copie qu'elle avait alloué une aide humanitaire d'une valeur de 40 millions d'euros aux musulmans de l’Etat d’Arakan.
Le commissaire européen chargé des aides humanitaires et de la gestion des crises, Christos Stylianides, a fait état de "centaines de milliers de personnes nécessiteuses à cause de la crise de l’Etat d’Arakan, qui a atteint des niveaux sans précédent lors des derniers mois".
Selon les données de l’Organisation des Nations unies (ONU), environ 750 mille musulmans Rohingyas du Myanmar, dont 60 % sont des enfants, ont fui au Bangladesh, après une vague de répression lancée par les forces de sécurité birmanes le 25 août dernier.
L’ONU, qui a déjà décrit les Rohingyas comme étant "la communauté la plus persécutée au monde", lors de leur répression en 2012, a qualifié cette répression de "nettoyage ethnique". Au moins 9 mille Rohingyas ont été tués dans l'État d'Arakan au Myanmar entre 25 août et le 24 septembre 2017, selon Médecins sans frontières. Dans un rapport publié en décembre dernier, le groupe humanitaire mondial a déclaré que la mort de 71,7% de ces victimes, soit environ 6 700 Rohingyas, était causée par la violence.
On compte parmi les victimes 730 enfants de moins de 5 ans. La Turquie a été à l'avant-garde de l'aide aux réfugiés Rohingya, et le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a soulevé la question à l'ONU.
L'ONU a documenté des viols collectifs, des meurtres massifs - y compris de nourrissons et de jeunes enfants -, des passages à tabac brutaux et des disparitions commises par les forces de sécurité birmanes. Les enquêteurs de l'ONU ont déclaré que de telles violations ont pu constituer des crimes contre l'humanité.