Nur Asena Ertürk
14 Mai 2024•Mise à jour: 15 Mai 2024
AA / Ankara / Nur Asena Ertürk
La Cour internationale de Justice (CIJ) tiendra des audiences publiques les 16 et 17 mai prochains, suite à la demande de mesures supplémentaires formulée par l'Afrique du Sud dans le contexte des attaques israéliennes contre Gaza et Rafah.
Le plus haut tribunal de l’ONU, basé à La Haye aux Pays-Bas, a déclaré par voie de communiqué que la délégation sud-africaine serait entendue pour la journée du jeudi et la partie israélienne pour celle du vendredi.
L’Afrique du Sud a déposé le 10 mai une “demande urgente“ auprès de la CIJ pour obtenir des mesures conservatoires additionnelles, dans le contexte des attaques israéliennes contre Gaza, et en particulier contre la ville de Rafah, où se sont réfugiés plus de 1,4 million de Palestiniens.
Les mesures conservatoires précédentes “ne sont pas susceptibles de “répondre pleinement” à l’évolution de la situation et aux faits nouveaux sur lesquels se fonde sa demande“, a déclaré vendredi la CIJ, trois jours après l’assaut de l'armée israélienne et la prise du côté palestinien du point de passage de Rafah, frontalier avec l'Égypte, bloquant ainsi le seul accès des Palestiniens de Gaza au reste du monde.
“La situation résultant de l’attaque israélienne contre Rafah et le risque extrême qu’elle fait peser sur l’acheminement de l’aide humanitaire et la fourniture des services de base à Gaza, la survie du système médical palestinien et la survie même des Palestiniens de Gaza en tant que groupe ne constituent pas seulement une escalade de la situation, mais occasionnent de nouveaux développements qui causent un préjudice irréparable aux droits du peuple palestinien de Gaza“, a déclaré l’Afrique du Sud dans sa demande, selon le communiqué de la CIJ.
L’Afrique du Sud a poursuivi Israël devant la Cour internationale de Justice vers la fin 2023, l’accusant de perpétrer un génocide à Gaza.
Une décision conservatoire rendue en janvier dernier a stipulé qu'il était “plausible“ que Tel-Aviv commette un génocide dans l'enclave côtière, et a ordonné à Tel-Aviv de mettre fin à de tels actes et de prendre des mesures pour garantir le passage de l'aide humanitaire aux civils de Gaza.
Israël a pilonné la bande de Gaza en représailles à une attaque du 7 octobre 2023, menée par le Hamas, qui aurait fait environ 1 200 morts israéliens.
Depuis cette date, au moins 35 173 Palestiniens ont été tués à Gaza, dont la plupart sont des femmes et des enfants, et au moins 79 061 autres ont été blessés, selon les autorités sanitaires palestiniennes.
Plus de sept mois après le début de la guerre israélienne, de vastes agglomérations de Gaza ne sont plus que des ruines, contraignant 85 % de la population de l’enclave au déplacement interne sur fond d’un état de siège paralysant l’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux médicaments, selon l’ONU.
* Traduit de l’arabe par Mounir Bennour.