Mennatallah H. H. M. Said A.
25 Février 2022•Mise à jour: 25 Février 2022
AA/Strasbourg
Le Conseil de l'Europe a décidé, vendredi, de suspendre la Russie de son droit de représentation au sein du Comité des ministres et de l’Assemblée parlementaire, en réponse à son intervention militaire en Ukraine.
C’est ce qui ressort d’un communiqué du Conseil de l’Europe, une organisation paneuropéenne qui compte 47 membres, chargée de défendre les droits de l'homme, la démocratie et l'État de droit en Europe.
En vertu de cette décision, toute participation de diplomates et délégués russes aux principales instances du Conseil de l’Europe est suspendue, avec effet immédiat.
Selon le communiqué, « cette décision ne concerne toutefois pas la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), le bras judiciaire du Conseil de l’Europe, qui continuera d’offrir sa protection aux citoyens russes ».
La suspension est une mesure temporaire et non finale, qui laisse les voies de communication ouvertes, a précisé l’organisation internationale.
Le bilan humain provisoire donné jeudi soir par le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, fait état de 137 morts et 316 blessés, au terme du premier jour de l’intervention militaire russe en Ukraine.
* La crise du Donbass et l’intervention militaire de la Russie
En 2014, suite aux manifestations populaires qui ont secoué l’Ukraine, le Chef de l’État Viktor Ianoukovitch a fui le pays, laissant ainsi la place à un gouvernement pro-occidental. La crise qui s’en est suivie a vu la Russie envahir la Crimée et annexer illégalement ce territoire ukrainien, puis appuyer les revendications indépendantistes des régions ukrainiennes de Donetsk et Louhansk, majoritairement russophones.
Des affrontements meurtriers déclenchés dans la foulée de la proclamation unilatérale de l’indépendance des deux régions ukrainiennes, avaient alors opposé les forces séparatistes soutenues par la Russie et l’armée de Kiev.
La diplomatie ayant repris l’initiative en 2014 et 2015, les appuis de Kiev en Occident ont négocié avec Moscou un accord de cessez-le-feu, connu comme les Accords de Minsk, qui bien qu’ayant servi à désamorcer la crise, ont été marqués par de nombreuses violations de cette trêve, coutant la vie à quelque 14 mille ukrainiens des deux bords.
Lorsque la Russie a commencé à déployer des dizaines de milliers de soldats le long des régions frontalières avec l’Ukraine vers la fin de l’année 2021, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont affirmé que Moscou se préparait à envahir l’Ukraine, menaçant Vladimir Poutine de lourdes sanctions s’il venait à porter atteinte à la souveraineté de l’Ukraine et à son intégrité territoriale.
Moscou, qui n’a eu de cesse de démentir toute velléité d’invasion de l’ancienne république soviétique, a pourtant décidé de reconnaitre l’indépendance de Donetsk et de Louhansk, puis, le 24 février, de lancer une intervention militaire sur le territoire ukrainien pour, selon les termes de Vladimir Poutine, défendre les populations menacées de « génocide par Kiev » et « libérer l’Ukraine du nazisme et du militarisme, appelant par là même l’armée ukrainienne à déposer les armes.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail