Burç Eruygur
14 Mai 2023•Mise à jour: 16 Mai 2023
AA / Istanbul
Le Kremlin a rejeté "catégoriquement" les déclarations du candidat de l'opposition à l'élection présidentielle turque, Kemal Kilicdaroglu, concernant une présumée ingérence de la Russie dans l'élection présidentielle turque, ont rapporté les médias d'État russes.
"Nous avons immédiatement rejeté catégoriquement les accusations d'ingérence dans les élections turques. Il n'en est pas question", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à l'agence de presse TASS samedi en fin de journée.
Dmitri Peskov a souligné que Moscou est "extrêmement déçu" par la sortie de l'opposition turque, ajoutant que les accusations de Kemal Kilicdaroglu vont "clairement à l'encontre" de la vision de Mustafa Kemal Ataturk, le fondateur de la République de Türkiye, qui, a-t-il dit, était "un fervent partisan du développement des relations russo-turques".
"Le chef de l'opposition a affirmé avoir des preuves (de l'ingérence russe). Il ne les a toujours pas présentées. Nous sommes sûrs qu'il ne pourra pas le faire, car ces preuves n'existent pas", a poursuivi le porte-parole du Kremlin.
Il a ajouté que la Russie se félicite du "niveau des relations atteint ces dernières années" avec la Türkiye et que Moscou "respectera le choix du peuple turc".
Jeudi, Kemal Kilicdaroglu, chef du principal parti d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), et candidat de l'Alliance nationale des six partis d'opposition, a accusé la Russie d'être à l'origine de contenus vidéo censés discréditer les candidats à la présidence lors des élections du 14 mai.
Vendredi, Dmitri Peskov a noté qu'il ne pouvait être question d'une quelconque ingérence de la Russie dans les élections turques et que "ceux qui répandent de telles rumeurs sont des menteurs".
Des millions d'électeurs se rendent, le 14 mai, aux urnes dans toute la Türkiye à l'occasion des élections présidentielle et législatives qui ont débuté ce dimanche à 8 heures, heure locale.
Au total, plus de 64,1 millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales, dont plus de 1,7 million ayant déjà voté à l'étranger. 4,9 millions citoyens turcs votent pour la première fois.
Chaque électeur dépose deux bulletins de vote, l'un pour le Président et l'autre pour les parlementaires, qui auront tous deux un mandat de cinq ans.
Quatre candidats étaient en lice pour la présidentielle, avant un retrait de dernière minute de Muharrem Ince.
Le président sortant, Recep Tayyip Erdogan, candidat de l'Alliance du peuple, réunissant principalement l'AK Parti (parti de la Justice et du Développement) et le parti nationaliste MHP (parti d’Action nationaliste) ainsi que 3 autres petites formations, est candidat à sa propre succession pour la dernière fois, comme il l’a lui-même spécifié.
Son principal adversaire, Kemal Kilicdaroglu, candidat d’une coalition, l’Alliance nationale, formée de 6 partis politiques, est également le président du CHP (parti Républicain du Peuple).
Muharrem Ince, chef du parti Memleket (Patrie), qu’il a lancé après avoir quitté le CHP, a jeté l’éponge à trois jours des élections, se plaignant d’un ‘’lynchage’’ sur les réseaux sociaux.
Enfin, le quatrième candidat, Sinan Ogan, est un nationaliste, ancien député de la formation MHP.
En Türkiye, le président est élu pour 5 ans au scrutin à deux tours. Si aucun des candidats ne parvient à obtenir plus de 50% au premier tour, un second tour sera organisé le 28 mai.
Les élections législatives, quant à elles, concernent les 600 sièges de députés que compte la Grande Assemblée Nationale. Elles se font au scrutin proportionnel ce 14 mai.
* Traduit de l'anglais par Alex Sinhan Bogmis