Mona Saanouni
04 Août 2020•Mise à jour: 05 Août 2020
AA/ Beyrouth
Une énorme explosion a secoué, mardi, un entrepôt de feux d'artifice du port de la capitale libanaise Beyrouth, faisant de nombreux blessés et d’importants dégâts matériels.
L'agence de presse libanaise (NNA, Officiel) a rapporté qu'un « énorme incendie s'est déclaré dans un entrepôt de feux d'artifice au port de Beyrouth, provocant une forte explosion », sans donner plus de détails.
De son côté, le correspondant de l'Agence Anadolu a rapporté que la puissance de l’explosion a endommagé la résidence de l’ancien Premier ministre Saad Hariri, ainsi que le siège de la Présidence du gouvernement dans le centre de la capitale.
Une forte détonation a été entendue partout dans la capitale et ses banlieues, selon le correspondant de l'Agence Anadolu.
Par ailleurs, des sources ont confié à l'Agence Anadolu que Hariri se porte bien et suit les informations sur l'explosion survenue au port de Beyrouth à proximité de sa résidence.
La Mosquée de Mohamed al-Amine a été endommagée à son tour, à la suite de ladite explosion, a rapporté le correspondant d’AA.
La zone du centre de Beyrouth et de ses marchés ont connu de considérables dommages s’agissant, notamment, des biens, des édifices et des véhicules.
L’explosion a généré, selon le correspondant, d’importants dégâts à l’aéroport international Rafik Hariri dans la capitale.
Le directeur général des Douanes, Badri Dhaher a, dans une déclaration faite à une chaîne de télévision locale, souligné que « le rayon des produits chimiques du port de Beyrouth a explosé ».
Les hôpitaux de Beyrouth et des zones environnantes ont admis un grand nombre de blessés dans leurs services d’urgence.
La Croix Rouge libanaise a indiqué, dans un communiqué, que plus de 30 de ses unités ont été dépêchés au port de Beyrouth.
Le gouverneur de la ville, Marwen Abboud a inspecté les lieux de l’explosion au port, relevant que « le contact a été rompu avec plusieurs éléments des pompiers ».
« Beyrouth est une ville sinistrée et l’ampleur des dommages est énorme. Ce qui s’est passé est similaire à l’explosion de Hiroshima », a-t-il lancé.
De son côté, le directeur général de la Sûreté publique, le général-major Abbes Ibrahim a déclaré aux médias, après avoir inspecté les lieux de la déflagration : « Parler de feux d’artifice est dérisoire, il ne s’agit pas d’explosifs mais de matières inflammables et je ne peux pas anticiper les investigations ».
Tous les hôpitaux de la capitale ont demandé aux médecins du Liban de se diriger aux services d’urgence et exhorté les citoyens à faire don de sang pour secourir les blessés, de tout âge.
Le président du syndicat des journalistes, Jospeh K’sifi, a indiqué que « le bâtiment du journal al-Nahar (centre de Beyrouth) a été considérablement et lourdement endommagé en raison de l’explosion, faisant 15 blessés à l’intérieur ».
Cette explosion intervient au moment où plusieurs milieux arabes et internationaux attendent le jugement du Tribunal international spécial sur le Liban, prévu le 7 août courant, dans l’affaire de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafik Harir dans l’explosion d’une voiture piégée, en date du 14 février 2005 à Beyrouth.