Hafawa Rebhi
21 Février 2018•Mise à jour: 22 Février 2018
AA / Ankara / Fatih Hafiz Mehmet
L'ONU a exprimé mardi son extrême préoccupation par la situation dans la Ghouta orientale, en Syrie, à la suite de rapports faisant état de la mort d’un grand nombre de civils dans les frappes aériennes du Régime syrien.
"Le Secrétaire général est profondément alarmé par l'escalade de la situation dans la Ghouta orientale et son impact dévastateur sur les civils", a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dans un communiqué.
Selon le communiqué, plus de 100 personnes ont été tuées dans la Ghouta orientale depuis lundi, dont au moins 13 enfants, tandis que cinq hôpitaux ou cliniques médicales de la région ont été pilonnés par des frappes aériennes et plus de 700 personnes ont besoin d'évacuation médicale immédiate.
Près de 400 mille personnes dans la Ghouta orientale sont exposés aux frappes aériennes, et aux tirs à l’artillerie, précise le communiqué.
À la suite du siège des forces du Régime syrien, les habitants de la région vivent dans des conditions extrêmes, y compris la malnutrition, ajoute le communiqué onusien, qui dénonce par ailleurs les bombardements bien que la Ghouta orientale soit l’une des zones de désescalade conclues en mai dernier à Astana, la capitale du Kazakhstan.
Le Secrétaire général a rappelé, à travers ce communiqué, aux Etats garants des pourparlers d’Astana leurs engagements à cet égard.
Il a également réitéré les appels récurrents de son organisation à la cessation des hostilités pour permettre l'acheminement de l'aide humanitaire et l'évacuation des malades et des blessés.
Guterres a également exhorté " toutes les parties prenantes [en Syrie] à veiller à ce que les principes fondamentaux du droit international humanitaire soient respectés, y compris un accès humanitaire sans entrave, des évacuations médicales inconditionnelles et la protection des civils et des infrastructures civiles".
La Ghouta orientale fait partie d'un ensemble de zones de désescalade, convenues dans le cadre de pourparlers parrainés à Astana par la Turquie, la Russie et l'Iran, dans lesquelles les actes d'agression sont expressément interdits.
Mais le Régime de Bachar al-Assad continue de cibler les quartiers résidentiels de la ville, tuant au moins 539 personnes et blessant plus de 2 mille autres depuis le 29 décembre de l'année dernière. Ce bilan s'est significativement alourdi ces trois dernières semaines.
En effet, cette enclave de l’opposition aux portes de la capitale, qui étouffe déjà, depuis 2012, des suites d'un siège accablant, s’est trouvée début février la cible d’une attaque aérienne intense.
Appuyé par des troupes russes, le Régime n’y a épargné ni les hôpitaux, ni les centres de la défense civile, affichant sa volonté d'en finir une fois pour toutes avec l'opposition dans la Ghouta orientale.
La Syrie est enfermée dans une guerre civile dévastatrice depuis mars 2011. Le Régime d'al-Assad avait alors réprimé des manifestations pro-démocratiques avec une férocité inattendue, entraînant le pays dans chaos.
Alors que les responsables de l'ONU affirment que des centaines de milliers de personnes ont été tuées dans le conflit, le Régime syrien affirme que le nombre de morts est plus proche de 10 mille.