Ömer Tuğrul Çam
26 Juillet 2021•Mise à jour: 27 Juillet 2021
AA / Bruxelles / Omer Tugrul Cam
L'UE a appelé, lundi, au respect de la constitution, des institutions et de l'État de droit en Tunisie, alors que le président du pays a limogé le chef du gouvernement et gelé les travaux du parlement.
"Nous suivons de près les derniers développements en Tunisie. Nous appelons tous les intervenants à respecter la constitution, les institutions et l'État de droit", a déclaré à l'Agence Anadolu Nabila Massrali, porte-parole de la Commission européenne.
"Nous les invitons également à faire preuve de calme et à éviter tout recours à la violence afin de préserver la stabilité du pays", a-t-elle ajouté.
Le président tunisien Kaïs Saïed a limogé le chef du gouvernement, Hichem Mechichi, dans la soirée de dimanche, gelé les travaux du parlement et assumé le pouvoir exécutif.
Dans son discours, Saïed a annoncé la levée de l'immunité de tous les membres du parlement et qu'il assumera le rôle du parquet. Il a affirmé avoir pris cette décision après avoir consulté Mechichi et le président du Parlement, Rached Ghannouchi.
Ce dernier a toutefois déclaré que Saïed ne l'avait consulté que sur des procédures d'urgence et ne l'avait pas informé au préalable de ses autres décisions.
La Tunisie a connu, dimanche, des manifestations populaires contre le gouvernement et l'opposition, avec des attaques signalées contre les sièges et les bâtiments du parti Ennahdha (d'obédience islamique) de Ghannouchi dans plusieurs villes tunisiennes.
Le pays connaît depuis janvier une impasse politique due à un différend entre Saïed et Mechichi au sujet d'un remaniement ministériel que Saïed a rejeté.
Le pays est également confronté à une crise économique et à une forte recrudescence des cas d'infection par le coronavirus, alors que des mises en garde ont été émises quant à un éventuel effondrement du système de santé.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj