Majdi Ismail
15 Avril 2023•Mise à jour: 15 Avril 2023
AA / Nice / Feïza Ben Mohamed
Des dizaines de personnes ont été interpellées à Paris en marge d'une manifestation sauvage contre la réforme des retraites, a annoncé vendredi soir le préfet de police, Laurent Nuñez, à l’antenne de BFMTV.
« La priorité est surtout de disperser ces groupes à risque », a-t-il expliqué avant de préciser que le nombre exact d’interpellés sera « affiné » dans la soirée.
Faisant état d’une « trentaine de mise à feu de poubelles », le préfet de police de Paris assure que 4 000 personnes se sont rassemblées en fin d’après-midi aux abords de l’Hôtel de Ville à l’appel de l’intersyndicale avant que la situation ne dégénère.
La manifestation s’est alors déployée « en cortège sauvage avec des individus qui renversaient des poubelles, mettaient le feu » et se livraient à « de nombreuses exactions dans les rues de la capitale ».
Des groupes de plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtés et nassés par les forces de l’ordre, dans le XIème arrondissement.
Le député LFI (La France Insoumise), Thomas Portes, présent sur les lieux, qui a tenté d’avoir accès aux manifestants arrêtés, en a été empêché par les forces de l’ordre qui encadrent le dispositif.
« On ne peut pas priver de liberté des gens, les mettre dans une nasse (...) et les relâcher libres », a-t-il déclaré à l’antenne de BFMTV, en expliquant que les gendarmes « refusent de (lui) dire pourquoi ils sont nassés ».
À ses côtés, le député Antoine Léaument a déploré « de nouveau, des arrestations arbitraires » de manifestants dont la plupart « seront relâchés demain ».
D’autres manifestations spontanées ont été organisées à Nice, à Marseille ou encore à Lyon, où des centaines de Français sont venus signifier leur hostilité à cette réforme controversée.
Pour rappel, le Conseil constitutionnel a validé, vendredi, les principales dispositions de la réforme des retraites, dont le report de l’âge de départ à la retraite à 64 ans, malgré une censure de six dispositions.
Selon BFMTV, le président Emmanuel Macron a pour sa part décidé de promulguer la loi dans les prochaines 48 heures mais propose de rencontrer les partenaires sociaux mardi prochain.
De son côté, l’intersyndicale appelle le chef de l’Etat à « ne pas promulguer la loi, seul moyen de calmer la colère qui s'exprime dans le pays » mais refuse de le rencontrer avant le traditionnel défilé syndical du 1er mai.