Jo Harper
04 Septembre 2026•Mise à jour: 04 Septembre 2026
Des navires liés à la Russie mènent de plus en plus d’opérations de reconnaissance autour d’infrastructures critiques dans la région de la mer Baltique, indique un nouveau rapport du Centre polonais d’études orientales (OSW), financé par l’État.
Intitulé Resilient Baltic (« Une Baltique résiliente »), le rapport avertit que la protection des infrastructures énergétiques et de télécommunications ainsi que de la navigation maritime et aérienne est devenue un défi majeur pour la sécurité des États riverains.
Il souligne également la nécessité de renforcer leur résilience face à ce qu’il qualifie d’opérations hybrides russes.
La Russie a rejeté ces accusations et reproché aux gouvernements occidentaux d’alimenter une « paranoïa antirusse ».
L’étude de l’OSW affirme que des navires liés à la Russie ont été utilisés pour cartographier les infrastructures sous-marines et recueillir des informations sur les ports, les terminaux et les quais.
Elle avertit que des activités maritimes apparemment civiles pourraient également servir à des fins de renseignement.
Le centre indique que six cas de dommages causés à des câbles et gazoducs sous-marins ont été recensés entre 2022 et 2025.
Il souligne qu’il est particulièrement difficile d’établir les responsabilités lorsque ces incidents surviennent en dehors des eaux territoriales.
Le rapport estime que la Pologne est particulièrement exposée, car plus de 40 % de la valeur de son commerce extérieur transite par les ports de la Baltique.
Les ports de Gdansk et de Gdynia représentent plus de 90 % du marché polonais des conteneurs, selon l’étude.
Le centre souligne que les ports baltiques jouent également un rôle militaire croissant, notamment dans l’acheminement d’équipements destinés à l’Ukraine et le déplacement des forces alliées sur le flanc oriental de l’OTAN.
Le rapport appelle à renforcer la coopération entre les gouvernements des pays baltiques et les autorités portuaires, à améliorer le partage d’informations sur les incidents de sécurité et à accroître les financements européens destinés aux infrastructures portuaires à double usage civil et militaire.
Il met également en avant l’activité croissante de la « flotte fantôme » russe, composée de pétroliers utilisés pour transporter du pétrole russe en contournant les sanctions occidentales.
Environ 700 pétroliers font actuellement l’objet de sanctions imposées par l’Union européenne, le Royaume-Uni ou les États-Unis, selon le centre.
Près de la moitié des exportations russes de pétrole et de produits pétroliers par voie maritime transitent par les ports de la Baltique.
Quelque 122.000 vols ont enfin signalé des perturbations de la navigation par satellite au-dessus de la Baltique entre janvier et avril 2025, selon l’étude.
*Traduit de l'anglais par Serap Dogansoy