Meher Hajbi
08 Septembre 2020•Mise à jour: 08 Septembre 2020
AA - Genève
Les Nations Unies ont annoncé, mardi, que le procès mené par la Cour pénale saoudienne dans l'affaire du meurtre du journaliste Jamal Khashoggi est loin d'être transparent et que les jugements rendus ne reflètent point l'ampleur du crime.
Présent en conférence de presse, le porte-parole du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Rupert Colville a fait savoir que le plus gros problème dans l'affaire Khashoggi réside dans la transparence.
Lundi, l’Arabie Saoudite a renoncé définitivement aux peines de mort prononcées à l’encontre des personnes accusées dans l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi, tué il y a près de 2 ans au Consulat de son pays à Istanbul.
L’Agence de presse saoudienne (SPA, Officiel) a rapporté que « la Cour pénale à Riyad a émis son verdict définitif contre 8 accusés ».
La même source a précisé que la Cour avait condamné 5 accusés à 20 ans de prison et 3 autres accusés à des périodes entre 7 et 10 ans de prison. Le procès est, ainsi, clôturé en Arabie Saoudite, selon la Cour pénale.
En décembre 2019, un tribunal saoudien avait émis un jugement primaire, condamnant à mort 5 personnes parmi 11 accusés, tandis que 3 accusés avaient écopé d’une moyenne de 24 ans de prison et 3 autres avaient été acquittés.
En comparant les jugements primaires aux jugements définitifs, on conclut que la Justice saoudienne a renoncé aux peines de mort.
Dans ce contexte, Colville a réitéré l'opposition des Nations Unies à la peine de mort, toutefois, ce crime brutale était horrible et les personnes impliquées devaient écoper de peines d'emprisonnement beaucoup plus longues.
Pour le responsable onusien, “le plus gros problème dans l'affaire Khashoggi réside dans la transparence et la «responsabilité et à cet effet la rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les exécutions extrajudiciaires, Agnès Callamard, a préparé un long rapport”.
Le journaliste saoudien, Jamal Khashoggi, avait été assassiné le 2 octobre 2018 au consulat de son pays à Istanbul. Il s’agit d’une affaire qui a suscité l’indignation de l’opinion publique internationale.
Après 18 jours de déni et de déclarations contradictoires, Riyad avait reconnu le "meurtre" de Khashoggi au consulat de son pays, des suites d'une "altercation" avec des ressortissants saoudiens.
Trois mois après avoir reconnu l’assassinat de Khashoggi, le procès avait démarré sans dévoiler l’endroit du corps ni rendre l’affaire internationale.
En été 2019, un rapport onusien élaboré par la Rapporteure spéciale des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Agnès Callamard, a montré l’implication du Prince héritier Mohamed Bin Salman dans l’assassinat.
Le rapport indique qu’il existe des preuves sur son implication et qualifie les jugements primaires de “ridicules”.