Mona Saanouni
12 Janvier 2018•Mise à jour: 12 Janvier 2018
AA/Ramallah (Cisjordanie occupée)/Qays Abu Samra
La direction du réseau social Facebook a censuré plusieurs pages palestiniennes, sous prétexte qu’elles ont exercé une sorte d'incitation, ce qui a été considéré en tant que violation de la liberté d’expression et une soumission aux pressions israéliennes par les journalistes palestiniens.
Le journal palestinien «Al-Hayat al-Jadida» a rapporté que le gouvernement israélien avait tenu une série de réunions, présidées par la ministre de la Justice, Ayelet Shaked, et en présence des représentants de Facebook.
Shaked a menacé ces représentants d’être poursuivis en justice et de fermer le site en Israël, s’ils n’appliquent pas la demande israélienne de désactiver les comptes de certains activistes palestiniens protestants contre l’occupation.
Le journal a ajouté que Shaked avait déposé, durant les 4 derniers mois, 158 demandes à l’administration de Facebook pour la suppression des contenus des pages palestiniennes. Facebook a répondu à 95% de ces demandes.
Le responsable de l’unité d’information au centre palestinien du développement et des libertés médiatiques, Ghazi Bani Odeh, a indiqué à Anadolu que « les autorités israéliennes exploitent des accords conclus avec l’administration de Facebook, il y a près de deux ans, pour supprimer les contenus incitateurs».
Bani Odeh a souligné que «les autorités israéliennes ont arrêté des dizaines de palestiniens, durant les dernières années, sous prétexte de publier des contenus incitateurs».
Au début de l’année dernière, l’administration de Facebook avait censuré la page officielle du Mouvement Fatah, présidé par le président palestinien, Mahmoud Abbas, pour avoir publié une photo du président défunt Yasser Arafat, portant le fusil d’un soldat israélien pris en otage au Liban, à cette époque-là.
Bani Odeh a assuré, dans ce contexte, que cette mesure touche énormément à la liberté d’expression, rappelant que des dizaines de comptes ont été bloqués pour «incitation», bien que le contenu soit loin de «l’incitation», suivant les normes internationales.
Et Odeh de poursuivre que «l’administration du site n’a pas appliqué la même mesure contre des dizaines de pages israéliennes, incitant publiquement à tuer les palestiniens et les journalistes».
Pour sa part, le journaliste Amine Abu Warda, spécialisé dans les réseaux sociaux, a déclaré à Anadolu que «l’administration de Facebook viole le droit de la publication et le droit d’expression en désactivant les pages et en bloquant les comptes palestiniens».
«Le site supprime les contenus sans préavis», a-t-il ajouté.