Feiza Ben Mohamed
30 Juin 2023•Mise à jour: 30 Juin 2023
AA/Nice/Feïza Ben Mohamed
La première ministre Élisabeth Borne, a fait savoir, vendredi matin, que « toutes les hypothèses sont sur la table avec pour priorité le retour de l’ordre », après la troisième nuit de révolte qui a secoué la France en réaction à la mort de Nahel.
Interrogée sur l'éventuel déclenchement de l’Etat d’urgence, au cours d’un point presse depuis le commissariat d’Evry-Courcouronnes, où elle était accompagnée du ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, la cheffe du gouvernement n’a ainsi pas écarté cette possibilité ».
Plaidant pour « assurer (la) cohésion nationale » elle assure qu’il faut œuvrer à « un retour de l’ordre républicain ».
Quelques instants avant elle, le ministre de la ville, Olivier Klein, avait déjà ouvert la voie à cette mise en œuvre de l’Etat d’urgence en déclarant qu’il ne fallait « écarter aucune hypothèse pour un retour au calme ».
« Si le Président de la République estime que c’est nécessaire, il le mettra en œuvre parce qu’on ne peut pas rester dans cette situation de crise » a-t-il considéré à l’antenne de BFMTV.
Une cellule interministérielle de crise, la deuxième en deux jours, a été convoquée en urgence par le chef de l’Etat face à l’embrasement qui sévit dans les quartiers populaires.
Emmanuel Macron a d’ailleurs quitté le sommet de l’Union Européenne avant l’heure, après avoir annulé une conférence de presse pour rentrer à Paris au plus tôt.
La situation a été particulièrement explosive tout au long de la nuit de jeudi à vendredi et tous les départements sont désormais touchés par les violences urbaines.
Partout, des magasins ont été saccagés et pillés, du mobilier urbain détruit, et bâtiments publics comme privés, ont été brûlés.
La stratégie déployée par Gérald Darmanin qui a mobilisé 40 000 policiers et gendarmes pour cette nuit, en promettant un retour au calme, a été mise en échec pour la troisième nuit d’affilée.