Mona Saanouni
10 Février 2021•Mise à jour: 11 Février 2021
AA/Riyad
Les autorités saoudiennes ont libéré, mercredi, les deux militantes, Loujain Al-Hathloul et Nouf Abdulaziz, après près de 3 ans d'emprisonnement, selon des sources familiales et des droits humains.
Lina et Alia, les sœurs de Loujain, ont confirmé, dans deux tweets, que cette dernière est rentée à la maison après 1001 jours passés en prison.
La plateforme des droits des détenus saoudiens «Prisonniers d'opinion», a annoncé sur Twitter que «les autorités saoudiennes ont enfin libéré la militante Loujain Al-Hathloul après 1001 jours de détention arbitraire».
Peu avant la publication de ce tweet, la même plateforme avait annoncé également la libération de l'activiste saoudienne Nouf Abdulaziz, arrêtée après avoir affiché sa solidarité avec Loujain Al-Hathloul et d'autres militantes.
Le 15 mai 2018, les autorités saoudiennes ont arrêté un certain nombre d'éminents militants des droits de l'homme, y compris Al-Hathloul, pour atteinte à la sécurité du pays, au moment où les organisations des droits humains affirment que le motif de l'arrestation d'Al-Hathloul était la défense des droits des femmes.
Loujain Al-Hathloul a été condamnée le 29 décembre à cinq ans et huit mois de prison en vertu d’une loi « antiterroriste », dont un sursis de deux ans et dix mois « à condition qu’elle ne commette pas de nouveau crime dans les 3 années à venir ».
L'Arabie saoudite n'a pas émis de communication officielle à ce sujet.
Dans ce contexte, des militants des droits humains ont affirmé mercredi sur le réseau des gazouillis, que Nouf Abdulaziz, une des éminentes blogueuses saoudiennes et icône du mouvement civil, avait été arrêtée après avoir exprimé sa solidarité avec Al-Hathloul et autres activistes.
Moins d'un mois après l'arrivée de Joe Biden à la Maison Blanche, l'Arabie saoudite a pris des mesures exceptionnelles portant notamment sur la libération de certains activistes ainsi que l'établissement de nouveaux textes de loi.
Le nouveau locataire de la Maison blanche s’était engagé pendant sa campagne électorale à mettre la pression sur l’Arabie saoudite en raison de ses atteintes aux droits de l’homme, que son prédécesseur Donald Trump avait délibérément passé sous silence durant son mandat.
Riyad a libéré jeudi "provisoirement" les journalistes Badr Al-Ibrahim et Salah Al-Haidar, naturalisés américains, qui ont été arrêtés il y a deux ans, selon la plateforme des Prisonniers d'opinion.
Lundi, le prince héritier saoudien, Mohammed bin Salman, a annoncé que son pays avait l'intention de mener une "vague de réformes" au cours de cette année surtout en ce qui concerne les sujets épineux qui suscitent "des critiques en matière des droits de l'homme" de la part d'organisations internationales, notamment l'amendement du système du statut personnel, qui reste, selon les observateurs, restrictif et défavorable aux femmes.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi