Ümit Dönmez
01 Juin 2024•Mise à jour: 01 Juin 2024
AA / Paris / Ümit Dönmez
Standard & Poor's (S & P) a décidé ce vendredi de dégrader la notation de la France, passant de « AA » à « AA- ». Cette décision intervient neuf jours avant les élections européennes, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur le Gouvernement français.
Par voie d'un communiqué, l'agence a expliqué que le déficit budgétaire de la France en 2023 avait été nettement plus élevé que prévu, avec des projections suggérant qu'il atteindra 3,5 % du produit intérieur brut (PIB) en 2027. « Les finances publiques françaises sont soumises à l'incertitude », avait averti S & P depuis plusieurs mois.
Le ministre de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a réagi dans Le Parisien, soulignant que cette dégradation n'altérait en rien sa « détermination » à rétablir les finances publiques. Il a tenté de minimiser l'impact en comparant la nouvelle note à une légère baisse de « 18 à 17 sur 20 ». « Notre dette trouve facilement preneur sur les marchés. La France garde une signature de haute qualité », a-t-il assuré.
Thomas Cazenave, ministre délégué aux Comptes publics, a exprimé sur X que cette révision de la note ne faisait que confirmer la nécessité de poursuivre les efforts de rétablissement des finances publiques. En revanche, des critiques ont émergé de l'opposition. Le président de la commission des Finances, Éric Coquerel (LFI) a affirmé que cette dégradation ne changerait rien sur le plan économique et financier, mais a mis en garde contre de potentielles coupes budgétaires justifiées par cette décision. Éric Ciotti, président des Républicains (LR), a quant à lui critiqué la gestion des finances publiques par le gouvernement actuel.
En février, le Gouvernement français a révisé à la baisse sa prévision de croissance pour l'année en cours, la faisant passer de 1,4 % à 1 %, un chiffre plus proche des estimations des économistes. Suite à cela, il a annulé par décret 10 milliards d’euros de crédits budgétaires. En mars, l'Exécutif a constaté des recettes bien inférieures aux attentes de l'année précédente, entraînant un dérapage du déficit public à 5,5 % du produit intérieur brut (PIB), contre une prévision de 4,9 %. En conséquence, il a annoncé 10 milliards d'euros supplémentaires de coupes, prévues dans le projet de loi de fin de gestion à la fin de l'année.