Mona Saanouni
10 Septembre 2020•Mise à jour: 10 Septembre 2020
AA / Istanbul
La Réunion de concertations interlibyennes en Suisse a recommandé de mettre en place une phase transitoire de 18 mois en Libye, durant lesquelles se tiendront des élections présidentielle et législatives sur la « base d’un cadre constitutionnel qui fera l’objet d’un accord de tous ».
C’est ce qui ressort d’une Déclaration finale rendue public par la Réunion et mise en ligne, jeudi, sur le site de la Mission d’Appui des Nations Unies pour la Libye.
Les discussions ont eu lieu dans la ville suisse de Montreux, du 7 au 9 septembre courant, sous les auspices du Centre du Dialogue humanitaire et en présence de la MANUL.
« Cette phase [transitoire] débutera par la recomposition du Conseil présidentiel et la création d’un gouvernement d’union nationale qui représente toutes les parties et qui consacrera ses efforts pour réunir les conditions nécessaires à la tenue d’élections nationales », lit-on dans la Déclaration.
« Cela concerne l’exécution de la Loi d’amnistie approuvée par le parlement, la facilitation du retour des déplacés et des exilé, en tant que mesure préalable nécessaire pour la réalisation de la réconciliation nationale impérieuse », ajoute le texte.
La déclaration salue la « proposition portant transfert provisoire des fonctions et des principales institutions gouvernementales telles que la chambre des députés et le pouvoir exécutif à Syrte après la réunion des arrangements sécuritaires et logistiques appropriés ».
La Déclaration appelle la chambre des députés et le Haut Conseil d’Etat à « poursuivre leurs discussions au sujet de la question des postes régaliens, de l’élaboration du cadre électoral requis, selon un calendrier préétabli ».
Le texte ajoute que la Mission onusienne en Libye lancera dès maintenant les préparatifs nécessaires pour la relance du « Forum du Dialogue politique libyen inclusif » et cela sera annoncé au cours de la période à venir.
« Cela se déroulera sur la base de ces concertations ainsi que d’autres initiatives, y compris celles en cours au Royaume du Maroc, et au terme de plusieurs semaines de pourparlers intensifs avec les principaux protagonistes libyens et internationaux », poursuit la Déclaration.
La Réunion de concertation appelle, dans ce contexte, la « Communauté internationale à assumer les responsabilités qui sont les siennes pour appuyer ce processus et à respecter, de manière scrupuleuse, le droit souverain du peuple libyen à l’autodétermination ».
La Mission onusienne a, de son côté, salué les « bonnes intentions et l’esprit patriotique qui a animé l’ensemble des participants libyens à la Réunion, et qui ont profité de cette opportunité pour mettre de côté leurs anciens différends et divergences afin de parvenir à une solution interlibyenne…pour relancer rapidement le Forum du Dialogue politique libyen facilité par les Nations Unies ».
Ces concertations interviennent après qu’un cessez-le-feu ait été décrété, le 21 août dernier, fruit d’une annonce faite par le président du Conseil présidentiel du gouvernement libyen, Faiez al-Sarraj, et le président de la chambre des députés qui siège à Tobrouk, Aguila Salah.
Un cessez-le-feu prévaut en Libye, depuis le 21 août écoulé, lequel cessez-le-feu est violé de temps à autre par les milices de Haftar.
Des efforts diplomatiques s’intensifient pour parvenir à une solution politique qui mettra fin au conflit libyen, après que l’armée libyenne ait remporté une série de victoires qui lui ont permis de repousser les victimes de Haftar loin de la capitale Tripoli et d’autres villes dans l’Ouest du pays.
*Traduit de l'Arabe par Hatem Kattou