AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La Commission européenne a proposé ce lundi des mesures visant à obliger Google à ouvrir davantage son système d’exploitation Android aux services d’intelligence artificielle concurrents, dans le cadre de l’application du règlement sur les marchés numériques (DMA).
Ces propositions préliminaires visent à garantir que des services tiers d’intelligence artificielle puissent interagir avec les applications installées sur les appareils Android et exécuter des fonctions telles que l’envoi de courriels, la commande de services ou le partage de contenus.
Selon l’exécutif européen, certaines fonctionnalités essentielles sont aujourd’hui principalement accessibles aux propres outils de Google, notamment son assistant d’IA, ce qui pourrait limiter la concurrence.
« Les mesures proposées offriront davantage de choix aux utilisateurs concernant les services d’IA qu’ils souhaitent utiliser », a indiqué la vice-présidente exécutive de la Commission européenne, Teresa Ribera.
Le groupe américain a contesté ces orientations, estimant que son écosystème permet déjà une concurrence effective, notamment via les partenariats conclus avec les fabricants d’appareils.
Dans une réaction transmise, Clare Kelly a affirmé que ces mesures pourraient porter atteinte à la sécurité des utilisateurs et entraîner des coûts supplémentaires, en imposant notamment l’accès à des données et composants jugés sensibles.
Selon elle, cette intervention « supprimerait l’autonomie » des fabricants et risquerait de compromettre la protection de la vie privée ainsi que la sécurité des utilisateurs européens.
Ces propositions s’inscrivent dans une procédure engagée en janvier par la Commission afin de s’assurer du respect du DMA (Digital Markets Act), un règlement européen destiné à encadrer les pratiques des grandes plateformes numériques et à prévenir les abus de position dominante.
Dans ce cadre, Bruxelles a également présenté en avril d’autres mesures visant à encadrer les activités du moteur de recherche de Google, notamment en matière de partage de données.
Une consultation publique est ouverte jusqu’au 13 mai, et la Commission doit arrêter d’ici à la mi-juillet les mesures définitives qui pourraient être imposées au groupe, dans un dossier considéré comme structurant pour l’équilibre concurrentiel du secteur numérique en Europe.