Ümit Dönmez
30 Juin 2023•Mise à jour: 30 Juin 2023
AA / Paris / Ümit Dönmez
La Première ministre française Élisabeth Borne s'est exprimée, ce vendredi matin, à l'issue d'une réunion gouvernementale à Matignon, visant à faire le point sur les violences urbaines survenues dans le pays, trois jours après le meurtre du jeune Nahel par un policier à Nanterre (Hauts-de-Seine).
La cheffe du gouvernement a écrit sur Twitter que "les actes commis sont insupportables et inexcusables". Elle a réitéré son "soutien et [sa] confiance aux policiers, gendarmes et sapeurs-pompiers qui assurent leur mission avec courage".
La France a connu une troisième nuit d'affilée de violences qui ont touché l’ensemble des départements, dans la nuit de jeudi à vendredi.
Le ministère de l'Intérieur a annoncé que 667 interpellations ont eu lieu durant cette nuit, dont 307 à Paris et dans les départements limitrophes et que 249 policiers et gendarmes ont été blessés dans l'ensemble du pays. Au total, 40.000 membres des forces de l'ordre ont été mobilisées sur le territoire hexagonal, dont 5.000 à Paris.
Par voie d'un message publié sur les réseaux sociaux, l'Amicale de la Police nationale a dénoncé les violences.
"Même si nous comprenons la douleur d'une mère qui a perdu un fils et nous partageons sa peine, nous ne pouvons comprendre la tournure de cette marche blanche qui n'en était pas une et ce déferlement de violence dans toute la France. Des émeutiers profitant de ce tragique fait qui pillent, qui cassent et qui agressent en hommage à Nahel", a-t-elle déclaré, faisant une liste no exhaustive des exactions survenues dans l'Hexagone.
"Nanterre : un photographe violemment agressé et son matériel volé, Paris : le magasin Nike pillé par les émeutiers, Nantes : violences urbaines, un magasin LIDL pillé, un Busway incendié, Vitry-sur-Seine : une armurerie pillée, plusieurs fusils dérobés, Reims : le commissariat forcé et pillé, l'école de police attaquée, Oyonnax : des tirs à l'arme de guerre lors des émeutes, Lyon : véhicules et bus incendiés, Vandœuvre-lès-Nancy : Embuscade sur voitures de police, Rennes : un engins de chantiers pour enlever une caméras, Woippy : commissariat en feu, Strasbourg : un collège brûlé, Clichy-sous-Bois : Mairie en feu, Cholet : Commissariat brûlé, Elbeuf : Sport 2000 dévalisé", lit-on dans le message de l'association de soutien aux policiers.
Présent au centre de bus d'Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), où 12 bus ont été incendiés la nuit dernière, le ministre des Transports Clément Beaune, accompagné de l'ex-Premier ministre Jean Castex, désormais président de la RATP, a exprimé son "indignation".
"Quand on voit nos services publics qui sont touchés, ça ne peut ajouter que l'injustice à l'injustice et la colère à la colère", a-t-il estimé.
Pour sa part, la Présidente de l'Assemblée nationale a appelé au "calme" et au "dialogue".
"Cette nuit, notre pays a de nouveau été le théâtre de violences inacceptables", a souligné Yaël Braun-Pivet sur les réseaux sociaux. "Nous devons revenir au calme et retrouver les voies du dialogue. Un immense merci aux forces de l’ordre, aux pompiers mobilisés et à tous ceux qui œuvrent pour la paix sociale", a-t-elle déclaré.