Hatem Kattou
31 Octobre 2017•Mise à jour: 01 Novembre 2017
AA / Isis (Grèce)/Farrakhan Nagy Toub
Sous les tentes estivales qu'ils ont posées eux-mêmes sur l'île d'Isis, les réfugiés ont commencé à craindre la saison hivernale qui approche, et à réfléchir à la manière de s’y adapter.
En raison des dimensions réduites du campement existant au centre de l'île, 400 réfugiés ont dû installer des tentes aléatoires dans les forêts de la région de Vathi.
Ces réfugiés souffrent du manque d'eau potable et de l'absence d'électricité. Ils ont commencé à lutter contre le froid bien qu’ils ne disposent pas de carburant.
Selon les données du ministère grec de l'Immigration, le pays accueille plus de 60 000 réfugiés et demandeurs d'asile dont 17 000 d'entre eux sont détenus dans les îles qu'ils ont atteintes.
Le campement de l'île d'Isis peut abriter environ 700 réfugiés. Cependant, ce nombre s’est quadruplé durant ces derniers mois.
Selon des données officielles grecques, le nombre de réfugiés dans le camp a atteint les 3000 personnes, à l’instar de nombreuses familles, des enfants et des handicapés vivant à l’extérieur du camp.
Ahmad Khalil (47 ans), un réfugié syrien, a exprimé à Anadolu son inquiétude au sujet du sort de ses cinq enfants et notamment de sa fille âgée d’un an uniquement.
Khalil a poursuivi : "Je cherche, actuellement, des moyens pour protéger mes enfants du froid de l'hiver et du risque d'attraper des maladies".
Il a précisé que lui, son épouse et ses cinq enfants sont arrivés au camp, il y a seulement quatre jours. En revanche, ils ont été amplement surpris et particulièrement déçus par le fait qu'on ne leur a réservé qu'une seule tente et une seule couverture.
Il a ajouté que sa petite fille reste éveillée toute la nuit en raison du froid.
Il a exprimé par ailleurs ses craintes au sujet de la situation sécuritaire sur l'île qui enregistre souvent des querelles à l'intérieur du campement et ce devant l'incapacité des services sécuritaires à assurer l'ordre et à arrêter les responsables de ces troubles.
Il a ajouté que le campement souffre également d’un problème d’hygiène puisqu'il n'existe que deux blocs sanitaires l'un pour les hommes et l'autre pour les femmes.
Il a précisé à ce sujet que les gens se pressent devant ces blos, sachant qu'il n y a pas d'eau chaude et que l'eau est très souvent coupée pendant de longues heures, ce qui ne répond nullement aux besoins de ces gens.
Un seul médecin
A son tour, Mohamed Ibrahim, réfugié irakien, s'est plaint de la dégradation de la qualité des services sanitaires dans le campement.
Il a précisé que : « les résidents du camp attendent de longues heures devant la pièce où exerce l'unique médecin étant souvent, absent le soir.
Il confié qu'un de ses amis a été blessé pendant les combats qui se sont déroulés en Irak. Cependant, il n'a pu obtenir l'assistance d’un médecin que trois mois après.
Appel aux Nations Unies
À l'approche de l'hiver et dans les circonstances actuelles, le porte-parole du Haut Comité aux Réfugiés (HCR) Boris Cheshirkov, s'est déclaré préoccupé par la situation des réfugiés dans les îles grecques en général.
Il a déclaré à Anadolu que plus de 2000 réfugiés vivent dans des campements ne pouvant abriter que 700 personnes, ce qui fait que 300 autres vivent en dehors de cet espace dans des conditions pour le moins que l'on puisse dire, désastreuses.
Il a souligné que le Haut-Commissariat a lancé un appel au gouvernement grec afin qu'il améliore la situation des réfugiés, leur garantisse un logement convenable au cours de l'hiver surtout que parmi eux se trouvent des enfants handicapés.