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21 Mai 2019•Mise à jour: 22 Mai 2019
AA/Alger/Tarik Zaidi
Le chef d’Etat-major des forces armées algériennes, Ahmed Gaid Salah, au centre du jeu politique depuis la démission du président Abdelaziz Bouteflika le 02 avril dernier, a affirmé mardi que la corruption possède des ramifications politiques, financières et médiatiques.
"Je tiens à évoquer le défi majeur que constitue la lutte contre la corruption, qui possède aujourd'hui des ramifications politiques, financières et médiatiques, ainsi que de nombreux lobbies infiltrés au sein des institutions du pays" , a indiqué Ahmed Gaid Salah dans un second discours prononcé devant les cadres de l’armée à Ouargla (Sud du pays).
"A cet effet, j'affirme que la voie adoptée dans la lutte contre la corruption, qui a nécessité la détection et le démantèlement de toutes les mines posées dans les différentes institutions de l'Etat et leurs secteurs, s'appuie sur une base forte et solide, car fondée sur des informations précises et confirmées et sur de nombreux dossiers lourds, voire dangereux, aux preuves irréfutables, ce qui a dérangé et terrifié la bande, qui s'est empressée d'essayer d'entraver les efforts de l'Armée Nationale Populaire et de l'appareil judiciaire", a-t-il ajouté.
Cette déclaration de Gaid Salah intervient dans la foulée d’une série de procès instruits contre plusieurs responsables liés au Président déchu dont certains sont poursuivis pour corruption.
C’est le cas de l’ancien président du forum des chefs d’entreprise (FCE), la plus grande organisation des patrons, Ali Haddad, placé sous mandat de dépôt depuis le 03 février dernier.
Jeudi dernier, une soixantaine de cadres, dont deux anciens premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal et plusieurs ministres avaient été auditionnés par un juge du tribunal de Sidi M’Hamed dans le cadre d’une affaire de "détournements et de dilapidations de deniers publics" dont est poursuivi Ali Haddad, selon des sources médiatiques.
"Il est certain que la solidarité du peuple algérien avec la justice, dans ce sens, est une autre garantie essentielle, lui permettant de poursuivre son rôle et d'accomplir son devoir national dans ce processus d'assainissement, et qui mérite de notre part aujourd'hui toute la considération et l'estime pour les efforts persévérants dans le traitement du nombre important de dossiers de corruption accumulés", a souligné Ahmed Gaid Salah.
Aussi, il a appelé le peuple algérien à faire preuve d'une "extrême vigilance" , de "s'unir avec son Armée" et de ne pas "permettre aux instigateurs des plans pernicieux de s'infiltrer dans les rangs du peuple quelles que soient les conditions et les circonstances".
Malgré cette campagne contre la corruption, les algériens qui manifestent depuis le 22 février pour le changement radical du système demeurent un peu sceptiques sur l’indépendance de la justice et réclament le départ de toutes les figures incarnant le système.
Ce mardi, des milliers d’étudiants ont de nouveau marché à travers plusieurs wilayas du pays en exprimant leur "rejet de l’élection présidentielle" du 04 juillet prochain.
Lundi, Ahmed Gaid Salah a réitéré son attachement au maintien de l’élection pour éviter un vide constitutionnel.
"La tenue de l'élection présidentielle permettra d'éviter de tomber dans le piège du vide constitutionnel et de tout ce qui s'en suivra comme dangers et dérapages aux conséquences désastreuses", a-t-il dit.