Serap Dogansoy
19 Septembre 2026•Mise à jour: 19 Septembre 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
La dette publique française devrait atteindre 119,3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2026, puis un niveau record de 121,7% en 2027, a annoncé samedi le ministère de l’Économie et des Finances.
« Cette hausse est mécanique. Elle est la conséquence d’un déficit qui demeure élevé », a indiqué le ministère lors d’un briefing budgétaire.
Ces niveaux d’endettement sont les plus élevés enregistrés depuis 1995, selon les données de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).
Au premier trimestre 2026, la dette atteignait déjà 3 536,1 milliards d’euros, soit 117,5 % du PIB. La France affichait alors le troisième ratio d’endettement le plus élevé de la zone euro, derrière la Grèce et l’Italie.
Une étape obligatoire avant le Parlement
Le gouvernement a transmis dans la nuit ses projets de budgets de l’État et de la Sécurité sociale pour 2027 au Haut Conseil des finances publiques (HCFP), instance rattachée à la Cour des comptes.
Cette consultation est obligatoire. Le HCFP doit rendre un avis consultatif sur « la sincérité et la crédibilité » des trajectoires macroéconomiques et budgétaires présentées par l’exécutif.
Les deux projets de budget seront présentés en Conseil des ministres le 1er octobre, avant leur transmission au Parlement. Leur examen doit ensuite se poursuivre de la mi-octobre jusqu’à la fin de l’année.
Un effort budgétaire de 54 milliards d’euros
Ces projections interviennent alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé un « effort budgétaire d’environ 54 milliards d’euros » pour 2027, sans hausse générale des impôts.
Le gouvernement entend ramener le déficit à 5% du PIB en 2027, contre plus de 6,5% en l’absence de mesures correctives, selon Matignon. Les pistes dévoilées prévoient notamment des économies sur les dépenses de l’État, de la Sécurité sociale, des collectivités territoriales, des retraites et des arrêts maladie.
La hausse de la charge de la dette pèse également sur la trajectoire budgétaire. Le gouvernement estime devoir trouver 10 milliards d’euros supplémentaires en 2027 pour financer les intérêts, dans un contexte de hausse des taux liée aux tensions géopolitiques.
Un budget sous la menace d’une censure
Le débat s’annonce difficile dans une Assemblée nationale sans majorité absolue et à quelques mois de l’élection présidentielle.
La gauche a déjà menacé de censurer le gouvernement, tandis que le Rassemblement national n’exclut pas de soutenir une motion de censure. Marine Le Pen a toutefois affirmé préférer un budget « imparfait, opérationnel » à une loi spéciale.
Sébastien Lecornu s’est dit ouvert aux compromis avec les oppositions, à condition de préserver l’équilibre financier global. Il a également promis de ne recourir ni au 49.3 ni aux ordonnances si les débats ne font pas l’objet d’une obstruction parlementaire.
En cas de rejet du texte ou de chute du gouvernement, l’exécutif pourrait être contraint de recourir à une loi spéciale pour assurer la continuité de l’État. Une telle solution prolongerait temporairement le budget précédent sans permettre la mise en œuvre complète des économies prévues pour 2027.