Uğur Çil,Ayvaz Çolakoğlu
19 Octobre 2017•Mise à jour: 19 Octobre 2017
AA - Istanbul - Ayvaz Colakoglu
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré, jeudi, qu'"il n'y a aucune différence entre les propos tenus par Sebastian Kurz et les partis extrémistes. Islamophobes, xénophobes et anti-migrants. Ce sont des choses très dérangeantes".
Cavusoglu prononçait un discours, jeudi, à l'occasion de la première édition du "TRT World Forum" qui se tient actuellement à Istanbul en Turquie.
L'objectif de l'événement est de définir et de proposer des solutions aux problématiques économiques, culturelles, politiques et sociales auxquelles fait face le monde actuellement.
De nombreuses personnalités internationales du monde scientifique, politique et culturel participent au Forum.
Cavusoglu a rappelé qu'à travers le monde, il existe près de 65 millions de déplacés et que parmi eux, 25 millions de personnes ont été forcés de migrer vers un pays tiers précisant qu'il était primordial d'agir efficacement pour stopper les conflits et lutter contre le terrorisme.
"Actuellement, selon un dernier rapport, plus de 10 mille enfants sont portés disparus en Syrie", a t-il tenu à préciser.
Le chef de la diplomatie turque a énuméré les actions mises en place par la Turquie à destinations des réfugiés, tout en regrettant que l'Union européenne, qui avait promis 3 milliards d'euros pour soutenir les efforts de la Turquie, n'ait pas tenue sa parole, en ne versant à ce jour que 880 millions d'euros.
"Il faut avouer que la politique d'intégration de l'Europe est un échec", a t-il souligné.
Insistant sur le fait que les extrémistes sont en forte progression en Europe, faisant ainsi référence aux résultats des dernières élections en Allemagne et en Autriche, Cavusoglu a poursuivi: "Il n'y a aucune différence entre les propos tenus par Sebastian Kurz (président du parti populaire ayant remporté les élections en Autriche) et les partis extrémistes, islamophobes, xénophobes et anti-migrants. Ce sont des choses très dérangeantes" a t-il relevé.
Il a, une nouvelle fois, critiqué la politique de soutien militaire suivie par les Etats-Unis et d'autres pays au profit des terroristes du PKK/PYD en Syrie, tout en insistant sur le fait qu'en établissant une distinctions entre les organisations terroristes, il n'était pas possible de vaincre le terrorisme.
Au sujet des relations de la Turquie avec l'UE, Cavusoglu a déclaré: "L'adhésion à l'UE est un objectif stratégique pour la Turquie mais la même chose ne semble pas valable pour l'UE".
"Depuis 16 ans, nous faisons tout notre possible, mais il faut aussi comprendre pourquoi le peuple turc ne soutient plus le processus d'adhésion. Parce qu' il y a une grande déception et de l'animosité", a-t-il conclu.