AA/ N'djamena/ Abdulaye Adoum
Le président français François Hollande, a affirmé, samedi, que "ceux qui refuseront d’obtempérer" à la décision d’interdiction de la manifestation pro-palestinienne à Paris, "assumeront leur responsabilité devant les juridictions pénales".
Hollande, qui s’exprimait à N’djamena, à l’occasion d’une conférence de presse conjointe avec son homologue tchadien Idriss Déby Itno, a ainsi justifié la décision prise vendredi soir par la préfecture de police de Paris, d’interdire aux citoyens de France de manifester leur soutien aux Palestiniens face à l'attaque israélienne contre la bande de Gaza, samedi à Paris et en région parisienne.
«Il ne peut pas y avoir d'importation du conflit en France, il ne peut pas y avoir des manifestations qui se font face et des risques pour l'ordre public» avait déjà affirmé Hollande vendredi à Niamey, seconde étape de sa mini-tournée africaine après Abidjan.
Cette décision a été prise après les incidents survenus dimanche dernier lors d’un rassemblement de milliers de manifestants soutenant Gaza.
Plusieurs organisations « indignées de cette interdiction », ont cependant appelé à maintenir le rassemblement de samedi.
Le nouveau parti anticapitaliste (NPA) a ainsi déclaré, dans un communiqué publié vendredi soir, que «cette décision scandaleuse, qui repose sur le prétendu risque de 'troubles à l'ordre public', est une atteinte grave aux droits démocratiques et à la liberté de manifester».
« Aux quatre coins du monde, des manifestations d'opposition à l'opération meurtrière en cours à Gaza sont organisées. La France est le seul pays à les interdire», poursuit le texte.
La Ligue des droits de l'Homme (LDH) a également déploré cette interdiction considérée comme «une entrave manifeste à une liberté constitutionnelle et un déni de la réalité».
Après 11 jours de raids aériens meurtriers et au troisième jour du lancement de l’incursion terrestre d’Israël dans la bande de Gaza, le bilan des morts s'élève à 309 côté palestinien (et plus de 2268 blessés), d’après le dernier bilan du ministère palestinien de la Santé.
Un soldat israélien a également été tué et quatre autres blessés.