AA/ Marien Nzikou-Massala
Le gouvernement congolais a décidé l'interdiction du port du Niqab dans les espaces publics, justifiant cette mesure par le souci des autorités d'éviter les "risques" liés.
Cette décision a été annoncée par le ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, Zéphirin Mboulou, devant une délégation du Conseil Islamique du Congo (dont les membres sont élus par la communauté musulmane locale), qu’il a rencontrée mercredi soir.
"Une tenue qui couvre l’intrégralité du visage est un choix personnel et doit, de ce fait, le rester et n'être portée que dans les foyers", a estimé le ministre lors de la même rencontre à laquelle le correspondant de Anadolu a assisté, ajoutant, au passage, "aujourd’hui, le port du voile intégral est devenu un phénomène très répandu qui ne peut que m’interpeller en tant que ministre de l’Intérieur".
El Hadj Djibril Bopaka, président du Conseil Islamique du Congo, qui conduisait la délégation, s’est, de son côté, engagé, à diffuser et à vulgariser l’information auprès de la communauté musulmane.
Justifiant cette décision, Zéphirin Mboulou a fait état du "risque" du port de voile intégral par certains fidèles qui, "offre une alternative de choix aux sans papiers et autres malfrats pour s’infilter clandestinement dans les rangs de la population", selon lui.
Environ 800.000 musulmans vivent, aujourd’hui, au Congo Brazzaville (5,8% de la population totale), 20% d'entre eux sont d'origine congolaise, selon des estimations officielles.
Cette décision est la première du genre, soit portant sur des restrictions vestimentaires, dans la loi congolaise.
En dehors du président du Conseil Supérieur Islamique du Congo qui a demandé "un peu de temps pour sensibiliser la communauté musulmane aux nouvelles décisions prises par le gouvernement", aucun commentaire n'a été fait par les membres de la commuanuté musulmane locale.