AA/ Abidjan/ Issiaka N'guessan
Le Front populaire ivoirien (Fpi-ex-parti au pouvoir pro-Gbagbo) fait son retour au sein de la Commission Electorale indépendante, après qu'un consensus lui a accordé deux sièges au sein de cette institution, a annoncé le président du parti, Pascal Affi N’guessan, à la suite d’une rencontre avec le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko.
“Le principe d’un bureau consensuel a été acquis à savoir que (le gouvernement) fera en sorte que le bureau de la CEI qui sera mis en place, puisse être consensuel avec la participation des uns et des autres“ a annoncé Pascal Affi N’guessan, mardi soir lors d'un point de presse, en compagnie de Danielle Boni Claverie et Ouattara Gnonzié, membres de l’Alliance des forces démocratiques (Afd- plate forme de l'opposition regroupant une dizaine de formations politiques dont le FPI).
L’initiative de cette rencontre, prise par les autorités ivoiriennes, a réussi à ramener le parti le plus représentatif de l’opposition ivoirienne dans le jeu électoral qu’il boycottait, à l'approche d'une élection présidentielle qui devrait se tenir, selon le texte constitutionnel, en octobre 2015. Les élections législatives et municipales devraient avoir lieu un an après l'échéance présidentielle.
“C’est un pas important parce que l’intérêt de la CEI c’est de renforcer la démocratie, la confiance entre les parties. Il ne s’agit pas de faire une commission qui est dominée par un camp“ a fait savoir, pour sa part, le ministre de l'Intérieur et de la sécurité, Hamed Bakayoko, qui a affirmé que l’Alliance devrait “désigner le plus rapidement possible ses représentants“ pour que “les concertations s’amorcent“ en vue d’un ‘’consensus“.
La réforme de la Commission électorale indépendante exigée par l’opposition et la communauté internationale représentée par l’Onuci (opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire) avait conduit à une majoration du nombre de commissaires qui est passé de 7 à 17 membres avec uniquement 4 places pour l’ensemble de l’opposition, contre une ‘’surreprésentation du pouvoir’’ selon l’opposition. Le vote de la loi portant réforme de la CEI a eu lieu le 20 mai dernier, et par la voix de son président, Affi N'guessan, le Fpi a rejeté cette reforme le 3 juillet en engageant un bras de fer avec le pouvoir en place jusqu'au dénouement de mardi soir.
Pascal Affi N’guessan a annoncé « un consensus autour de la composition du bureau de la commission» centrale qu’il souhaite voir se poursuivre au niveau « de la présidence » de la commission.
“Le gouvernement n’est pas fermé, il a pris acte de nos revendications et il fera en sorte que, dans la phase de concrétisation, nos négociations soient prises en compte“ s'est-il rassuré.
La participation du Fpi au processus de paix en Côte d’Ivoire est au cœur d’une grave crise qui a secoué l’ex-parti au pouvoir, le scindant entre "des caciques" dont Aboudrahamane Sangaré, Laurent Akoun, Dr Alphonse Douaty et la frange "conciliante" avec le pouvoir conduite par Pascal Affi N’guessan.
Une médiation engagée par l’ex-gouverneur de la banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), Henri Dacoury-Tabley et l’ex-président du conseil général de Gagnoa, Jean Baptiste Gnaoré et qui doivent aboutir mercredi à une table ronde entre les protagonistes, tentera de rapprocher les positions.
Créée le 9 octobre 2001, l'institution de la Commission Electorale Indépendante est prescrite dans la Constitution ivoirienne qui lui assigne la tâche d'organiser et superviser les référendums et les élections dans les conditions prévues par la loi.