Enes Kaplan,Tuncay Çakmak
15 Mars 2017•Mise à jour: 16 Mars 2017
AA - Afyonkarahisar (Turquie)- Tuncay Çakmak
Le président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a déclaré que l’Europe, qui se noie dans ses propres peurs, est maintenant «dépourvue de tout son contenu».
Le président Erdogan s’exprimait, mercredi, lors d’une cérémonie de lancement de nouveaux projets publics à Afyonkarahisar, dans le centre-ouest de la Turquie.
Il est longuement revenu sur la crise diplomatique qui oppose la Turquie aux Pays-Bas, mais aussi sur la polémique avec l’Allemagne et l’Union Européenne (UE).
La Turquie s’indigne depuis plusieurs jours contre les traitements imposés par certains pays européens, à la tête desquels arrivent les Pays-Bas et l’Allemagne, contre les ministres turcs désireux de rencontrer les citoyens turcs vivant dans ces pays, pour parler de la réforme constitutionnelle qui sera soumise au vote du peuple lors du référendum du 16 avril prochain.
Le chef de l’Etat a d’abord fustigé le comportement des autorités néerlandaises vis-à-vis de la ministre turque de la Famille et des Politiques sociales.
"Aujourd’hui, les citoyens néerlandais votent pour élire leurs députés. Nous allons voir ce que réserve ce scrutin à ceux qui ont lâché les chiens sur nos concitoyens aux Pays-Bas pour les violenter. Ces gens là (gouvernement néerlandais) n’ont aucune valeur humaine. Ils sont ceux qui ont permis le massacre de plus de 8 mille musulmans à Srebrenica en Bosnie-Herzégovine", a-t-il dit.
"J’ai appris que la ville d’Istanbul est jumelée avec Rotterdam. J’ai demandé au Maire d’Istanbul d’annuler ce jumelage. Nous ne pouvons pas être jumelés avec ces personnes", a-t-il poursuivi.
Selon Erdogan, l’Europe s'est aujourd’hui rangée du côté des défenseurs du NON au référendum constitutionnel qui aura lieu le 16 avril.
"La quasi-totalité de l’Europe s’est mobilisée pour le référendum du 16 avril. Ils écrivent des gros-titres en turc dans les premières pages de leurs journaux. Ils me visent et me traitent de dictateur. Mais ce référendum concerne le système, il ne me concerne pas", a-t-il rappelé.
"L'Europe se noie dans ses propres peurs : la peur du Turc, la peur de l'Islam, et même la peur des réfugiés qui fuient la guerre et qui veulent survivre. Les Européens ont peur de tout ce qui n'est pas européen, à tel point qu'ils les voient comme leurs ennemis », a-t-il estimé.
"La politique de l'UE contre notre pays a fini par vider le contenu du projet européen. Pourquoi la Grande-Bretagne quitte-t-elle l'UE? Plus aucun pays européen ou de l'UE ne peut désormais prétendre donner des leçons de démocratie, de liberté ou de justice", a-t-il encore estimé.