AA/Tunis/Slah Grichi
Un sondage des plus sérieux réalisé auprès de 170 analystes politiques réputés l'a désigné le pire des présidents de l'histoire des Etats Unis, ne recueillant que la peu reluisante note moyenne de de 12,34 points sur 100 possibles, loin derrière Abraham Lincoln (1er avec 95.03) ou George Washington (second avec 92.59).
Et si l'on se tient au vote des seuls Républicains parmi ces analystes, il ne se place malgré tout qu'à la...40è place.
Il se hisse toutefois, selon le même sondage, à la première, étant jugé le plus controversé des présidents américains. Décidément, Trump -c'est de lui qu'il s'agit- ne pouvait faire mieux pour dégager une quasi unanimité, y compris dans son propre camp, quant à ses décisions à l'emporte-pièce, ses réactions impulsives, ses volte-faces, son manque de flair politique et sa désinvolture qu'il veut hautaine, celle d'un homme qui n'a pas de pedigree des institutions et qui gère les affaires du plus puissant pays du monde, comme un magnat de l'immobilier qu'il est, à qui il arrivait de se "distrayer" en animant une populaire émission de téléréalité (The Apprentice) ou en mettant sous sa coupe le fameux Univers Miss Univers. Cela lui collera...
America first;... ?
"But not always" (mais pas toujours) Mr. Trump, se sont insurgés, à plusieurs occasions, des dirigeants du monde dont des alliés, lui envoyant des messages des plus secs et des plus explicites dans ce sens : Merkel lorsqu'il a inopportunément salué le Brexit et raillé l'accueil de un million de réfugiés par l'Allemagne, le jeune Macron (et en anglais, s'il vous plaît) quand il a décidé, juin dernier, de retirer son pays de l'Accord de Paris sur le réchauffement climatique, ce qui ne l'empêchera d'accepter l'invitation de ce dernier en se rendant en France pour la parade du 14 juillet, qu'il rêve de copier, tant il en a été impressionné.
Nous y reviendrons... Exacerber en bloc les autres Etats, faire fi des accords internationaux et des décisions onusiennes semblent être un "jeu" pour lui, tant que dans sans esprit, cela va avec son slogan "l'Amérique d'abord".
Qu'importe -en est-il au moins conscient?- qu'il développât une sorte d'"américaphobie" en reconnaissant, en dépit d'un tollé mondial, Al Qods (Jérusalem) capitale d'Israël ou en s'accrochant à son "mur de la honte" le long de la frontière mexicaine? Cela peut séduire une partie de l'opinion américaine, recroquevillée sur un nationalisme inconscient de l'isolement des Etats Unis, que Donald Trump, délibérément ou par ignorance, est en train d'installer sur la scène internationale.
La majorité du peuple américain ne suit pas; les analystes, les politiques dont beaucoup de Républicains, ainsi que les médias ne suivent pas, d'autant que pas une semaine ne passe sans que ne soit révélée une affaire liée -sulfureuse ou grave liée à son nom- ne soit révélée au grand jour et sans que Mister Trump ne commette une bévue, là où il lui croyait reluire son image.
Occasions ratées de se taire
Donald Trump qui, à l'évidence, aime être la vedette sous les feux des projecteurs, avait voulu un grand défilé militaire pour son investiture, ce qui est rare et pas tellement apprécié aux States. Le Pentagone s'y était opposé en lui concédant quand même une parade aérienne qui, comble de malheur pour lui, n'aura pas lieu pour mauvais temps. On découvrira il y a plus d'un mois qu'il n'a jamais oublié, comme un enfant qui trépigne des pieds insistant pour obtenir un jouet refusé, surtout que d'autres se l'offrent .
En effet, après le défilé du 14 juillet 2017 sur les Champs Elysées auquel il assiste, il se réunit avec des cadres du Pentagone à qui il demande une parade militaire en plus grand "pour rendre un hommage populaire à des soldats qui....". Et de provoquer l'ire de ses détracteurs et de l'opinion publique pour qui de telles démonstrations rappellent le bloc de l'Est.
Les commentaires, aussi hostiles qu'ironiques, fusaient de partout l'accusant de vouloir satisfaire un ego sur- dimensionné , lui qui ne s'est jamais rendu en visite pour les militaires combattant en Irak ou en Afghanistan. La Maison Blanche et ses porte-paroles seront obligés de faire marche arrière et de déclarer que ce n'est que du "brainstorming", une exploration d'options et qu'aucune décision définitive n'a été prise. Une douche froide pou celui qui croyait susciter, à travers une démonstration de la puissance militaire US dont il aurait été le centre, un sentiment de fierté nationale qui lui aurait profité pour reluire son blason.
Et comme il a horreur de rester sur un revers et qu'il lui faut dévier l'attention de l'opinion publique, de préférence sur un "délit" démocrate, il s'arrange pour rendre public le rapport de son fervent supporter Devin Nunes, président de la Commission du renseignement à la Chambre des représentants, où le FBI (Bureau fédéral d'investigations) et le département de la justice auraient illégalement accordé la mise sur écoute d'un membre de sa campagne.
Ce faisant, il voulait couper l'herbe sous les pieds de ces deux institutions qui enquêtent sur les soupçons d'ingérence russe dans la campagne russe de 2016, une enquête constamment qualifiée par Trump de chasse aux sorcières. Mais aujourd'hui, les faits sont avérés et la justice américaine vient de mettre en accusation treize ressortissants et trois entités russes. Là aussi, le président américain et son équipe se trompent de tactique et au leu de s'attaquer à Moscou choisissent de relever que la collusion n'est pas révélée. Ils oublient que l'enquête est encore ouverte et que les investigations continuent.
Et comme un malheur n'arrive jamais seul et que des des démissions parmi ses conseillers les plus proches se sont succédé ces derniers jours, son avocat personnel vient d'être contraint de révéler qu'il a avancé -sans jamais les avoir récupérés- 130 000 dollars à une actrice de films X au cours de la campagne présidentielle, certainement pour obtenir son silence. Cette dernière a d'ailleurs déclaré qu'elle n'est plus tenue au silence, après cette révélation.
Franchement difficile de se classer dernier président des Etats Unis, après Trump qui après s'être rendu auprès des rescapés de la tuerie du lycée de Parkland en Floride, trouve le moyen de poser, son coutumier sourire commercial affiché et le pouce de la victoire levé. Contre qui, contre quoi Mr. President? Pire, au lieu de dénoncer le commerce ouvert des armes à feu que ses amis de la "National rifle association" défendent becs et ongles, il se paye la tête du monde en promettant d'interdire les "bumb strocks", ce mécanisme qui permet à un fusil de tirer en rafales. Comme si cela empêchait de tuer. Et le pire de la raillerie, il en profite pour lancer au FBI qu'il "passe plus de temps sur l'enquête russe... et rate les signes avant-coureurs qui pointaient vers le tueur de Parkland...".
Les déboires de Trump feront date
news_share_descriptionsubscription_contact
